Archive | 15/02/2014

« Une France De Petits Inquisiteurs »

ouverture-desprit-300x187

À qui devrons-nous demander la permission de penser, d’écrire et de parler ?

Veut-on vraiment, pour riposter au pire, une France de petits inquisiteurs ?[...]
Un certain nombre de dérives préjudiciables à la démocratie [...] ont conduit un pouvoir à l’affichage ostensiblement éthique à favoriser une société d’inquisiteurs, une police de la pensée au quotidien.
La proclamation exaltée d’une morale gouvernementale – et je ne parle pas que des réactions pour l’affaire Dieudonné, les manifestations de « Jour de colère »et celle du dimanche suivant, impressionnante et tranquille – non seulement n’a pas entravé la montée de paroles et d’actes racistes, mais les a d’une certaine manière favorisés.
Tant dénoncer le pire, sans cesse et avec vigueur, paradoxalement le place au centre du débat républicain et promeut ce qu’il conviendrait d’étouffer par le silence et de combattre par l’action.
La politique est l’art de vaincre ce que la parole ne tue pas mais souvent conforte.[...]

Ces démarches obsessionnellement assenées ont eu pour conséquence d’amplifier ce qu’elles prétendaient détruire.
L’indignation suscitée chaque jour par telle ou telle transgression indécente ou illégale suffit largement à le démontrer.
C’est donc que cette méthode violemment pédagogique, ces injonctions de maître à des citoyens infantilisés ne parviennent pas à éradiquer de la France d’aujourd’hui le fantasme abusif des années 30 mais surtout les comportements minoritaires, écrits, paroles et gestes qui sont véritablement à proscrire.

Le caractère hystérique du débat public – à la fois pour « la bonne cause » et par posture politique – aggrave ce qui est à abolir, autant que le pourrait une République respectant la liberté d’expression et une justice qui n’oublierait pas l’État de droit.
Mais il a aussi pour effet, ce qui est une conséquence au moins aussi dommageable que la pollution raciste et antisémite, d’avoir légitimé, en même temps que son expression paroxystique et en apparente cohérence avec elle, une France de petits inquisiteurs, de fouineurs médiocres, de tristes sentinelles montant la garde en permanence devant la pensée d’autrui et ce qu’elle pourrait exprimer non pas même de dangereux ou de sulfureux mais de non convenu et de singulier.[...]

Plusieurs exemples des pratiques de ces justiciers à plein temps.

Deux membres du Parti socialiste saisissent le « CSA » parce qu’ »Alain Finkielkraut », confronté à Manuel Valls, a osé faire allusion aux «Français de souche», et c’est intolérable !
La réplique n’a pas tardé !

« Patrick Cohen » s’en prend vigoureusement à « Daniel Schneidermann » et « Frédéric Taddeï ».
Pourquoi pas ?
Mais était-il nécessaire de leur imputer, par pure et injuste polémique, d’avoir suscité une réaction antisémite à son encontre ?[...]

« Frédéric Haziza », journaliste sur « LCP » et à « Radio J », a été victime de propos antisémites et a écrit un livre sur l’extrême droite loué, comme un rituel, par les ministres l’évoquant.
Ces données l’autorisent-elles à se camper en inlassable dénonciateur et en découvreur, chez les autres, d’un antisémitisme qui leur est étranger ?
Ainsi, « Éric Naulleau » aurait fait le geste de la quenelle.
Ainsi, « Schneidermann » serait « l’idiot utile des dieudonnistes ».
Ainsi, « Causeur » et « Élisabeth Lévy » auraient interviewé « Dieudonné » de manière complaisante.
Ainsi, j’aurais de « curieux raccourcis de « Ilan Halimi » à « Alain Soral » en passant par « Heidegger » et « Céline » » et, sur « Twitter », au sujet de mon billet sur « Soral » qu’il suffit de lire pour porter un jugement honnête, il s’interroge : « Complaisance, compromission ou collaboration ? »
Je réponds : analyse et liberté.[...]

Ce monde que la gauche morale est en train de nous fabriquer devient irrespirable.
Faut-il accepter, en courbant l’échine, d’hypocrites mises en cause, de piètres suspicions et de médiocres insinuations ?
Va-t-il falloir demander, à « Frédéric Haziza » et à ceux lancés dans une quête éperdue et suspicieuse d’antisémites plus que de racistes d’ailleurs, la permission de penser, d’écrire et de parler ?

Quel est le pire avenir ?

Celui de comportements racistes et antisémites qui ponctuellement déchirent une société s’appuyant sur un pouvoir raisonnable et une justice efficace pour les réduire et les condamner ?
Ou celui d’une société rendue folle par la multiplication, avec une bonne conscience totalitaire, de policiers de la pensée ?

Veut-on vraiment, pour riposter au pire, une France de petits inquisiteurs ?

Extrait de : « Une France de petits inquisiteurs » de Philippe Bilger

http://www.bvoltaire.fr  du 15/02/2014

Normal A Terminé Son Voyage Solitaire.

Deux amis

Hollande et Obama ,  amis pour la vie ?

Le spectacle offert par François Hollande au cours de sa visite aux Etats-Unis avait quelque chose de pathétique et ridicule.
Les traits d’humour utilisés par le Président français sont tombés à plat, tout particulièrement ceux dont il a usé lors de sa réception à la mairie de San Francisco, et dans lesquels certains ont cru reconnaître des allusions assez déplacées à ses escapades nocturnes récentes rue du Cirque.
Sa position de célibataire n’a pu faire oublier son inconduite et a posé des problèmes de protocole sans précédents.
Ses proclamations d’amitié envers les Etats-Unis et Barack Obama étaient imprégnées de façon transparente d’une volonté chez lui de montrer qu’il avait un grand allié, malgré son impopularité abyssale et bien que, comme l’a écrit récemment en couverture « Valeurs Actuelles », il nous fasse « honte ».
Les proclamations d’amitié déployées en retour par Barack Obama étaient trop empressées pour apparaître comme autre chose que ce qu’elles étaient :
Le désir chez Barack Obama de montrer qu’il avait lui-même d’un grand allié en Europe, un homme aussi socialiste que lui et sur la même longueur d’onde que lui sur les dossiers de la Syrie, de l’Iran ou du « changement climatique », qu’Hollande a d’ailleurs constaté en énonçant cette phrase impérissable : « Il fait froid ».
Et c’est exact, nul ne pourra dire le contraire, même les adeptes de la lubie coûteuse du « changement climatique », il fait froid à Washington, température actuell en hiver.

Outre sa volonté de montrer qu’il avait un grand allié, Hollande entendait, surtout, se rendre dans la Silicon Valley, pour espérer susciter quelques investissements en France, dans un contexte où l’an dernier les investissements étrangers en territoire français ont baissé de 77 pour cent.
Il est extrêmement vraisemblable qu’il rentrera bredouille :
Les remarques de quelques ministres français, et du premier d’entre eux, au cours du voyage, et leur façon de presser les représentants du patronat à parler de « contreparties » avec les syndicats ne sont pas passées inaperçues dans la presse américaine, et elles ont occupé une bonne place dans les (rares) articles consacrés à une « visite d’Etat » qui, si elle a été au cœur de l’attention des médias français, a été considérée comme épiphénoménale outre Atlantique.

Hollande entendait aussi, sans aucun doute, parler de « l’attractivité » de la France et il l’a fait (« venez créer des emplois, venez soutenir les start up françaises » a-t-il dit), mais je pense que ses propos sont tombés dans l’oreille de sourds qui, s’ils ne veulent pas entendre ce que dit Hollande, voient fort bien qu’impôts et taxes sont plus agréables et plus optimaux en Irlande qu’alentour de Paris, et que la Commission nationale Informatique et liberté peut infliger des amendes aux allures de racket à Google.
Hollande a proposé des « passeports talents » pour ceux qui voudraient venir ou revenir en France :
Je doute qu’il ait preneur pour un seul de ces passeports.
Les Français quittent la France chaque année par dizaines de milliers et ceux qui se sont installés dans la Silicon Valley n’ont aucune intention de prendre un billet de retour.
Ceux qui sont Américains sont heureux d’accueillir des Français en Amérique (enfin, certains Français qui ne pensent pas comme Hollande), mais ne sont pas du tout prêts à aller vers le pays que les Français ont quitté.

Je ne pense pas que tout cela servira Hollande en quoi que ce soit à son retour en France, car la situation française reste et restera aussi catastrophique.

Tout cela ne servira pas non plus Obama en quoi que ce soit :
Après avoir organisé une réception fastueuse sous une immense tente climatisée pour le petit gros sans son scooter, sans son casque intégral, et sans sa compagne, répudiée sur le ton qu’on emploie pour répudier en terre d’islam, après avoir offert du caviar d’Illinois à la louche au petit gros, il continuera à parler de la lutte contre les inégalités sur le ton d’un vrai marxiste, mais sans auditoire (les cinquante millions de gens qui se nourrissent de food stamps aux Etats Unis n’ont pu goûter au caviar d’Illinois).

Il continuera à tenter de rafistoler la mise en œuvre de l’Obamacare, qui est un immense désastre.
Il continuera à violer allègrement la Constitution, sur un mode qui fait plus penser à « Hugo Chavez » qu’à Hollande, en prenant des décisions modifiant des lois sans passer par le Congrès.
Il continuera à se conduire conformément à ce qu’il a dit en emmenant Hollande visiter la maison de « Thomas Jefferson » :
« quand on est Président, on fait ce qu’on veut ».
Il fera comme s’il n’avait pas remarqué que cette phrase (que nul n’a relevé en France) a suscité l’indignation dans tous les Etats-Unis, où non, le Président ne fait pas ce qu’il veut, puisqu’il y a des principes d’équilibre des pouvoirs, élaborés précisément par des hommes tels que « Thomas Jefferson ».

Il perdra vraisemblablement les élections de novembre prochain, et tentera de détruire ce qu’il n’a pas encore détruit dans le temps qu’il lui restera à passer à la Maison Blanche, mais verra ses capacités de nuisance considérablement amoindries.
Il profitera jusqu’au bout des prérogatives présidentielles pour faire ce qu’il veut :
il vient d’intimider les Républicains qui, pour éviter un nouveau « shutdown » ont voté une hausse illimitée de l’endettement américain, et se sont donc lamentablement couchés, au moins sur ce dossier.

Et puis il partira écrire ses mémoires et donner des conférences très bien rémunérées.

Il sera admiré dans des pays tels que la France, où on dit que l’économie américaine est à nouveau en croissance et « repart », alors que la croissance est asthénique (1,8% l’an dernier), et que la dette et l’immense quantité de monnaie créée sur le mode du « quantitative easing » par le « Federal Reserve System » ces dernières années promettent des lendemains qui déchantent.

Dans les commentaires énoncés dans des pays tels que la France, on passera à la trappe les millions de gens qui ont perdu leur assurance santé aux Etats Unis, ceux dont les primes d’assurance santé ont doublé ou triplé, ceux qui sont passés d’un emploi à temps complet à un emploi à vingt cinq heures ou à mi temps en raison des effets de seuil créés par la « réforme » de l’assurance santé :
On dira que si trois emplois à vingt cinq heures remplacent deux emplois à quarante heures, il y a de la création d’emploi, et c’est ce qu’on dit d’ailleurs, sans ajouter que le nombre d’Américains en âge de travailler et qui ne travaille pas atteint une proportion sans précédents depuis les sinistres années « Carter ».

François Hollande a donné un spectacle pathétique et ridicule.

Obama n’a été ni pathétique ni ridicule, mais cynique.

On aurait pu croire ces deux là amis pour la vie, le temps de quelques discours.
Mais ils savent que leur entente a quelque chose de la célèbre entente entre l’aveugle et le paralytique.

Triste époque.

Guy Millière pour « Dreuz.info ».

http://www.dreuz.info  du 15/02/2014

Pelosse |
Viedeswagg |
Humouramourmode |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | BrookTV
| Lesdlirentoutgenrebotchok
| Fares43