DEBATS

« Une France De Petits Inquisiteurs »

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À qui devrons-nous demander la permission de penser, d’écrire et de parler ?

Veut-on vraiment, pour riposter au pire, une France de petits inquisiteurs ?[...]
Un certain nombre de dérives préjudiciables à la démocratie [...] ont conduit un pouvoir à l’affichage ostensiblement éthique à favoriser une société d’inquisiteurs, une police de la pensée au quotidien.
La proclamation exaltée d’une morale gouvernementale – et je ne parle pas que des réactions pour l’affaire Dieudonné, les manifestations de « Jour de colère »et celle du dimanche suivant, impressionnante et tranquille – non seulement n’a pas entravé la montée de paroles et d’actes racistes, mais les a d’une certaine manière favorisés.
Tant dénoncer le pire, sans cesse et avec vigueur, paradoxalement le place au centre du débat républicain et promeut ce qu’il conviendrait d’étouffer par le silence et de combattre par l’action.
La politique est l’art de vaincre ce que la parole ne tue pas mais souvent conforte.[...]

Ces démarches obsessionnellement assenées ont eu pour conséquence d’amplifier ce qu’elles prétendaient détruire.
L’indignation suscitée chaque jour par telle ou telle transgression indécente ou illégale suffit largement à le démontrer.
C’est donc que cette méthode violemment pédagogique, ces injonctions de maître à des citoyens infantilisés ne parviennent pas à éradiquer de la France d’aujourd’hui le fantasme abusif des années 30 mais surtout les comportements minoritaires, écrits, paroles et gestes qui sont véritablement à proscrire.

Le caractère hystérique du débat public – à la fois pour « la bonne cause » et par posture politique – aggrave ce qui est à abolir, autant que le pourrait une République respectant la liberté d’expression et une justice qui n’oublierait pas l’État de droit.
Mais il a aussi pour effet, ce qui est une conséquence au moins aussi dommageable que la pollution raciste et antisémite, d’avoir légitimé, en même temps que son expression paroxystique et en apparente cohérence avec elle, une France de petits inquisiteurs, de fouineurs médiocres, de tristes sentinelles montant la garde en permanence devant la pensée d’autrui et ce qu’elle pourrait exprimer non pas même de dangereux ou de sulfureux mais de non convenu et de singulier.[...]

Plusieurs exemples des pratiques de ces justiciers à plein temps.

Deux membres du Parti socialiste saisissent le « CSA » parce qu’ »Alain Finkielkraut », confronté à Manuel Valls, a osé faire allusion aux «Français de souche», et c’est intolérable !
La réplique n’a pas tardé !

« Patrick Cohen » s’en prend vigoureusement à « Daniel Schneidermann » et « Frédéric Taddeï ».
Pourquoi pas ?
Mais était-il nécessaire de leur imputer, par pure et injuste polémique, d’avoir suscité une réaction antisémite à son encontre ?[...]

« Frédéric Haziza », journaliste sur « LCP » et à « Radio J », a été victime de propos antisémites et a écrit un livre sur l’extrême droite loué, comme un rituel, par les ministres l’évoquant.
Ces données l’autorisent-elles à se camper en inlassable dénonciateur et en découvreur, chez les autres, d’un antisémitisme qui leur est étranger ?
Ainsi, « Éric Naulleau » aurait fait le geste de la quenelle.
Ainsi, « Schneidermann » serait « l’idiot utile des dieudonnistes ».
Ainsi, « Causeur » et « Élisabeth Lévy » auraient interviewé « Dieudonné » de manière complaisante.
Ainsi, j’aurais de « curieux raccourcis de « Ilan Halimi » à « Alain Soral » en passant par « Heidegger » et « Céline » » et, sur « Twitter », au sujet de mon billet sur « Soral » qu’il suffit de lire pour porter un jugement honnête, il s’interroge : « Complaisance, compromission ou collaboration ? »
Je réponds : analyse et liberté.[...]

Ce monde que la gauche morale est en train de nous fabriquer devient irrespirable.
Faut-il accepter, en courbant l’échine, d’hypocrites mises en cause, de piètres suspicions et de médiocres insinuations ?
Va-t-il falloir demander, à « Frédéric Haziza » et à ceux lancés dans une quête éperdue et suspicieuse d’antisémites plus que de racistes d’ailleurs, la permission de penser, d’écrire et de parler ?

Quel est le pire avenir ?

Celui de comportements racistes et antisémites qui ponctuellement déchirent une société s’appuyant sur un pouvoir raisonnable et une justice efficace pour les réduire et les condamner ?
Ou celui d’une société rendue folle par la multiplication, avec une bonne conscience totalitaire, de policiers de la pensée ?

Veut-on vraiment, pour riposter au pire, une France de petits inquisiteurs ?

Extrait de : « Une France de petits inquisiteurs » de Philippe Bilger

http://www.bvoltaire.fr  du 15/02/2014

A propos de pelosse

Française née de parents Français, sur le sol Français, d'identité Française ! e-mail obsolète. consulter le blog.

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