Archive | 12/07/2014

Un Livre Dense Et Salutaire Pour Cet Eté.

defi-demographique

Sur la future défaite démographique de l’Europe et de la France.

« Le Défi démographique » est un ouvrage paru en 2012 et écrit par le général de l’armée de l’air (2S) « Jean du Verdier ».
Ancien professeur à l’Ecole supérieure de guerre aérienne, celui-ci s’est penché sur la problématique de la démographie et de l’immigration en strict polémologue, laissant à d’autres les questions également cruciales d’insécurité-criminalité et de coût budgétaire qui sont les suites et les conséquences de sa thématique.
En réalité, plus que d’un défi, son livre traite de la Guerre démographique, guerre qui est menée contre le monde blanc, l’Occident et la France.
C’est un ouvrage court et aisé à lire, léger en chiffres mais très dense en idées et en faits, qui s’inscrit dans une perspective historique et sociologique nourrie par une grande culture générale.
Ce livre n’a peut-être pas eu la promotion qu’il mérite.
Cassandre, surtout si elle est politiquement incorrecte, doit se taire.
Polémia, toujours très concernée par ces questions, se doit de faire connaître l’ouvrage du général « Jean du Verdier ».

Le tout premier mérite de l’ouvrage est de remettre au devant de la scène la démographie comme moteur fondamental de l’Histoire.

Notre époque est surtout préoccupée d’économie et de finance.

Elle a tort d’oublier l’importance des hommes et de leur vitalité qui demeurent une donnée de base de la politique.

« Jean du Verdier » rappelle que l’excès d’êtres humains jeunes à un moment donné de l’histoire de certains pays explique les guerres et les conquêtes comme celles de « Gengis Khan » ou de « Tamerlan ».
Mais c’est le nombre qui permet l’installation durable et la domination définitive qui écrase les autochtones sous le poids démographique.
Ce fut le cas des Anglo-Saxons en Amérique du Nord, en Australie et en Nouvelle-Zélande ou des Noirs en Afrique du Sud.
L’auteur évoque la célèbre déclaration de Boumedienne à l’ONU en 1974, il y a 40 ans :

« Un jour, des millions d’hommes quitteront les parties méridionales et pauvres du monde pour faire irruption dans les espaces accessibles de l’hémisphère nord, à la recherche de leur propre survie. »

Une très grande originalité du livre est la mise en exergue de l’idée d’instinct vital d’un peuple ou d’un pays.
Certes, ce n’est pas un concept en vogue.
Les historiens contemporains ne se livrent guère à l’étude de ces forces invisibles qui régissent l’instinct de vie ou de mort d’une nation.
Certains historiens, comme « J.B. Duroselle » ou « P. Renouvin », ont refusé d’établir une corrélation entre démographie et puissance.

Et pourtant « Taine » a évoqué des époques de santé et des périodes de maladie pour les sociétés comme pour les êtres humains et pensait que celles-ci étaient, le plus souvent, victimes d’elles-mêmes.
Quant à « Bergson » il estimait que l’élan vital, énergie accumulée et tendue, était la condition du développement d’une société.

Manifestation de cet élan vital, l’instinct sexuel et de reproduction se manifeste pleinement lorsqu’une société a confiance en elle-même et dans son avenir.
« Jean du Verdier » s’est plongé dans l’histoire des nations et des civilisations dans cette perspective :
Le dépeuplement et l’épuisement des cités de la Grèce antique, le déclin de Rome et de son empire qui fut avant tout démographique, le feu de paille des Vikings, l’histoire de la natalité française de 1789 à nos jours.

En réalité l’idée d’un défi démographique apparaît largement dépassée.
L’Occident fait face à une véritable guerre démographique qui prend des formes violentes.
Nous la vivons pleinement et quotidiennement.

L’insécurité, si bien éclairée par le livre « France, orange mécanique », devient une guérilla urbaine relayée par des mouvements de masse, comme nous venons de le constater au cours de la Coupe du monde.
Une stratégie de jeu de go :
Bruit, menaces, vandalisme, vols, etc., visent à éliminer les Français autochtones de cités entières.
Ainsi se créent en pleine France et autour de la capitale des enclaves civilisationnelles.
Au sein de ces enclaves les « pérégrins », dénomination que « Jean du Verdier » préfère à celle d’immigrés, créent une économie parallèle aux dépens de l’économie officielle :
recels, reventes, trafics illicites.

Demain ces enclaves voudront devenir des entités juridiques et politiques.

Il en résulte en partie un très grave phénomène sur lequel « Jean du Verdier » insiste peu, qui est l’émigration définitive de jeunes Français souvent diplômés vers d’autres horizons plus porteurs d’espoirs :
environ 80.000 par an, selon « J.P. Gourévitch ».

Cette guerre qui nous est faite nous la subissons.

Ou plutôtles politiques que nous élisons ne la mènent pas.

Il y eut autrefois, à partir de 1920 et surtout après 1945, une politique nataliste qui eut des résultats efficaces pour une France épuisée biologiquement.
« Jean du Verdier » cite des exemples identiques :
-la Sarre de 1945 à 1956,
-l’Allemagne de l’Est à partir de 1974.
Or cette politique a été systématiquement démolie par tous les gouvernements depuis la fin des années 1960.
Ce fut la pilule contraceptive prônée par « Lucien Neuwirth » et acceptée par le général De Gaulle.
Ce fut surtout la loi Veil sur l’avortement, préparée par « Pierre Simon », franc-maçon de grand calibre.
Ces mesures législatives ne prévoyaient pas de dispositions d’accompagnement destinées à pallier les pertes démographiques qui en résulteraient et à limiter le nombre d’avortements estimé à environ 200.000.
Sur près de 40 ans, 200.000 avortements pourraient représenter 8 millions de jeunes Français, aujourd’hui absents.
Ne peut-on pas parler de génocide ?

Au contraire, les gouvernements ont montré un grand désintérêt pour les questions démographiques.
L’esprit de 1968, l’influence des groupes de pression homosexuels ou féministes, l’idéologie antinationale constituent des obstacles difficilement surmontables pour rétablir une politique démographique dont « Jean du Verdier » décrit les composantes et démontre la possibilité.

La Famille, facteur fondamental de la vitalité démographique et de la continuité des nations et des civilisations, connaît une crise profonde.
Mai-68, les idéologies antifamiliales ont tenu longtemps et tiennent toujours le haut du pavé du monde des idées.
Sa mission éducatrice est en partie confisquée par l’Etat d’une manière voulue et officielle, comme l’a proclamé V. Peillon.
Or, « l’échec de ce transfert est patent.
L’Etat, représenté par l’Education nationale, s’avère incapable de former des citoyens responsables et prolifiques ». 

De plus, l’Etat socialiste mène clairement, notamment au plan fiscal, une politique hostile à la famille.
Celle-ci peine à remplir pleinement son rôle démographique.

L’Eglise catholique demeure un point de résistance à la chute démographique et mesure les conséquences graves de la dénatalité.
Il est cependant possible de regretter vivement une vision angélique, comme celle du pape François, de « l’immigration-invasion » pour reprendre le terme de V. Giscard-d’Estaing, en venant au secours du mascaret humain qui nous menace à partir des côtes africaines.

« Jean du Verdier » estime que la guerre démographique se traduit par une action psychologique inspirée par les méthodes de l’Agitprop marxiste-léniniste et menée par les réseaux qui préparent la submersion des populations européennes.
En réalité, cette guerre est une guerre idéologique fondée sur l’oppression de la liberté d’expression par les universités, les médias, l’édition, les groupes de pression et toutes les associations « antiracistes » qui forment ce que l’auteur appelle les ennemis de l’intérieur.
Ceux-ci exercent, en liaison avec des juges dont un quart vote pour le Syndicat de la magistrature de même idéologie et sur le fondement de lois mémorielles scélérates, une « police de la pensée pour défendre une anti-morale »

Rares sont les médias qui osent démonter le mécanisme d’une trahison qui brise les consciences et pervertit les intelligences.

Enfin, « Jean du Verdier » en arrive au politique, sa veulerie et sa lâcheté.
Selon lui :

« faute du courage nécessaire pour résister à l’invasion, une partie de la classe politique en vient à prôner le métissage, forme plus progressive, mais pas plus indolore de la disparition ».

Il est loisible d’aller plus loin que lui et de penser que, depuis plusieurs décennies, les partis politiques institutionnels dominés par le mondialisme et ses organes d’influence comme l’Union européenne, sidérés par l’extrême gauche et le noyautage trotskyste, ont fait le choix politique délibéré et conscient de la trahison et de la disparition de la nation française par la submersion et le mélange.

Rappelons les propos qu’a tenus N. Sarkozy sur le métissage souhaité et inéluctable de la France devant les élèves de l’Ecole polytechnique.

De son livre au contenu très dense, le général « Jean du Verdier » tire des conclusions très pessimistes et amères.
Comme lui on peut penser que :

« nous sommes sacrifiés sur l’autel des idéologies universalistes » et que « notre défaite démographique sera mesquine, méprisable » et enfin que « notre attitude si passive, si lâche devant l’ennemi n’intéressera pas l’Histoire ». 

Cependant, pour reprendre le titre d’un livre des années 1970, « L’Avenir n’est écrit nulle part » et l’Histoire n’est que retournements.
L’auteur lui-même rappelle l’abîme, notamment démographique, dans lequel, du fait de la guerre et de la peste, l’Europe et la France avaient plongé au XIVe siècle.
Et pourtant, quelle renaissance et quelles conquêtes au cours des deux siècles qui suivirent !

La situation d’aujourd’hui, avec environ 15 millions d’allogènes dont une partie assimilée ou assimilable sur 65 millions d’habitants, peut être comparée à celle de juin 1940 qui vit la France effondrée, isolée et sans alliés être occupée par une armée allemande toute-puissante aux ordres d’un dictateur criminel.
Cinq ans après, les dictatures étaient aplaties et l’armée française occupait le sud de l’Allemagne.
Le redressement de la Russie n’est-il pas un exemple après 70 ans de socialisme et 10 ans d’ultra-libéralisme ?

Nous aurions tort de subir la « jactance » de « pérégrins » qui n’est pas inspirée par leurs vertus mais résulte de la complicité et de la lâcheté de la classe politique, intellectuelle et médiatique de notre pays.

 André Posokhow

Peut-On Parler De Démon-Dialisation ?

dollar

Démondialisation ?

La « dé-dollarisation » du monde s’accélère.

Alors que l’administration Obama continue à s’aliéner de nombreux pays amis autour de la planète, un nombre croissant de voix remettent en question la toute-puissance du dollar américain dans le commerce mondial.
Il y a quelque temps, nous avions décrit comment la Russie s’est lancée dans sa stratégie de « dé-dollarisation », avec en particulier « Gazprom » qui demande maintenant à ses grands clients de payer dans des monnaies autres que le dollar.

Mais ceci ne concerne plus seulement la Russie.

Comme vous lirez de ci-dessous, la Chine et la Corée du Sud viennent de signer un accord majeur pour faciliter leurs échanges commerciaux en utilisant entre eux leurs propres monnaies nationales, et les Français évoquent maintenant leur besoin d’utiliser « moins de dollar et plus d’euro ».

« John Williams », de « shadowstats », un site de compilation de statistiques, a récemment souligné que la situation n’a « jamais été plus sombre » pour le dollar américain et sa vision semble se confirmer.
La puissance du dollar avait jusqu’à présent permis aux États-Unis de jouir artificiellement d’un niveau de vie extrêmement élevé pendant des décennies :
A partir du moment où cette puissance est remise en question, des risques majeurs pour l’économie américaine vont faire surface.
Dans des années futures, la valeur du dollar risque ainsi de baisser considérablement et toutes les marchandises et matières premières importées remplissant les magasins deviendront beaucoup plus onéreuses, entrainant de ce fait une hausse des coûts de productions.
Emprunter reviendra également beaucoup plus cher au gouvernement fédéral.
Malheureusement, avec la bourse américaine atteignant de nouveaux records historiques, et des médias vantant les succès infinis d’un rétablissement économique, la plupart des Américains ne prêtent aucune attention à ces problèmes monétaires.

Le géant pétrolier français Total, une des plus grandes entreprises d’énergie dans le monde, a déclaré récemment, selon Reuters, qu’il « n’y a aucune raison de payer le pétrole en dollars ».

« Se passer entièrement du dollar ne serait pas réaliste, mais ce serait bon si l’euro était davantage utilisé »,

a précisé aux journalistes le PDG du groupe.

« Le fait que les prix du pétrole soient cotés en dollars ne signifie par que les paiements doivent être effectués dans cette devise ».

Si le PDG de « Gazprom » avait fait une telle déclaration cela n’aurait étonné personne.
Mais venant d’un haut PDG de pétrolier Français, cela aurait été impensable il y a encore une décennie.
Rappelons que les guerres en Libye et en Irak ont commencé comme cela.

Rappelons aussi que tout le pétrole et le gaz naturel de la planète sont achetés et vendus en dollar américain depuis les années 1970 et ceci est un arrangement que le gouvernement américain a traditionnellement défendu par tous les moyens possibles.

Maintenant que la Russie a cassé le monopole du pétrodollar, la crainte de remettre en question la toute-puissance du dollar semble se dissiper, à ce point que même des représentants gouvernementaux français (Michel Sapin, Ministre des finances et des comptes publics) ne se privent plus d’en discuter ouvertement :

« nous vendons nos avions en dollars :
est-ce vraiment nécessaire ?
Je ne le pense pas. »

Restant prudent afin d’éviter de brusquer ses alliés, Michel Sapin a précisé :

« Ceci n’est pas un combat contre l’impérialisme du dollar… ».

C’est pourtant exactement de quoi il s’agit.

Pourquoi les responsables politiques français sont-ils soudainement si agressifs ?

Peut-être parce les États-Unis viennent d’infliger à notre plus grande banque une amende de 9 milliards de dollars ?
S’ajoutant au scandale récent des écoutes et des agents doubles américains, dévoilés par « Edward Snowden ». S’ajoutant à la stratégie de la tension menée vis-à-vis de la Russie, les relations américano-russes étant sans doutes les plus mauvaises depuis la fin de la guerre froide…

« Nous avons beaucoup travaillé sur un accord d’échange rouble-yuan pour faciliter les financements commerciaux. J’ai une réunion la semaine prochaine à Pékin… »

a négligemment déclaré le chef de la banque de Russie la semaine dernière et avant de laisser tomber une autre bombe :

« nous discutons avec la Chine et nos partenaires sur l’établissement d’un système d’échanges multilatéraux qui permettront de transférer des réserves monétaires d’un pays à un autre si nécessaire. »

Il semble que le Kremlin ait choisi l’approche tout-en-un pour établir son alliance anti-dollar.
Les échanges de devises entre les banques centrales des « BRICS » faciliteront le financement des échanges commerciaux en contournant totalement le dollar.
En même temps le nouveau système agira aussi comme un remplacement de facto du FMI, car il permettra à ses membres de financer les pays plus faibles.
Et en bonus induit par ce système “de quasi-FMI”, les « BRICS » pourront utiliser une partie (très probablement “la partie de dollar”) de leurs réserves monétaires pour soutenir le cours de leur monnaie.

Pour sa part, la Chine vient d’annoncer qu’un accord a été signé avec la Corée du Sud, accord qui permettra des échanges commerciaux plus directs entre les deux nations, en utilisant leurs propres monnaies nationales.

La Banque centrale Chinoise a autorisé la Banque de Communications, le cinquième plus grand prêteur du pays, a convertir du Yuan dans la capitale de la Corée de Sud, suite à la visite du Président Chinois, Xi Jinping vendredi dernier.

Sources : Bloomberg / Le Figaro / Shadowstats

http://fr.novopress.info/171967/  du 12/07/2014

Les Pierres De La Nouvelle Intifada.

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L’Opération Age de Pierre d’Israël.

Pluies d’été, nuages d’automne, hiver brûlant, plomb fondu, écho fidèle, pilier de défense et, maintenant, bordures protectrices.
Les noms de code des agressions israéliennes sont de purs fantasmes, un pur exercice de propagande.
Ils ne procurent à Israël ni paix ni force de dissuasion.

Par contre ils sont très efficaces pour ce qui est d’engendrer une autre génération de Palestiniens acharnés à la destruction d’Israël.
A l’heure d’aujourd’hui et dans la situation présente, un déchaînement de frappes sur Gaza est certainement ce qui est le plus à même d’achever de convaincre les Palestiniens – quelque soit l’endroit où ils habitent – que les Israéliens ne seront jamais prêts à vivre à leurs côtés dans un état séparé.

La solution de deux états est celle que les Sionistes libéraux défendent parce qu’elle est la seule qui garantisse le maintien d’une majorité juive dans les frontières de 1948.
Et pourtant, c’est précisément ce fragile espoir que la puissance militaire israélienne est en train d’enterrer sous les bombes.
Le nom de code Opération Age de Pierre serait mieux approprié.
Je parle des pierres de la nouvelle intifada.

Il faudrait écouter ce que Khaled Meshaal, le leader du Hamas, a dit, mercredi :
A savoir que bientôt on ne trouvera plus un seul Palestinien qui osera encore parler d’un état fondé sur les frontières de 67.

Je ne lui ai pas posé la question, mais je crois que l’auteur du blog, dont je cite ci-dessous un article posté mardi dernier, serait sûrement d’accord avec moi :
Cependant la rapide dégradation de notre sécurité n’est pas la conséquence de l’ignoble meurtre de Naftali, Eyal et Gil-Ad, qu’ils reposent en paix.
(voir http://francemaghreb2.fr/gideon-levy-lhorreur-loccupation-va-bien-au-dela-colonies/)

“La dégradation est d’abord le fruit de
l’illusion que l’inaction du gouvernement, sur tous les fronts, peut geler la situation dans une sorte de statu quo,
l’illusion que le « Prix à payer » n’est qu’un slogan et non du racisme à l’état pur,
l’illusion que tout peut être résolu en faisant usage d’un peu plus de force,
l’illusion que les Palestiniens vont supporter tout ce que nous faisons en Cisjordanie et ne réagiront pas malgré leur rage, leur frustration et la détérioration de leur économie,
l’illusion que la communauté internationale ne nous imposera pas de sanctions, que les citoyens arabes d’Israël ne sortiront pas dans la rue pour se plaindre que nous ignorons leurs problèmes. »
(Traduction : Dominique Muselet)

L’auteur est « Yuval Diskin » qui a été directeur du « Shin Bet » de 2005 à 2011, et ce passage vient de sa page « Facebook ».

Diskin raison.
Cette opération n’es pas une réaction au meurtre des trois jeunes israéliens.
Le projet d’attaquer – en tous cas la tentation d’attaquer – le Hamas en Cisjordanie puis à Gaza est dans les esprits depuis des mois pour toutes sortes de raisons :
-le refus d’Israël d’accepter le gouvernement d’unité palestinien ;
-la conviction d’Israël que suite au changement de régime en Egypte et à la perte de l’aide financière iranienne, le Hamas de Gaza était affaibli ;
-le renoncement des Etats-Unis d’attaquer l’Iran qui a remis le Hamas au premier rang des ennemis mortels d’Israël.

Selon les anciens collègues de Diskin au Shin Bet, le Hamas est responsable de l’enlèvement et du meurtre des jeunes colons.
D’une certaine façon, ils ont raison :
La décision de « Meshaal » de former un gouvernement d’unité ne faisait pas l’unanimité au Hamas.
Un meeting à Doha, avant l’annonce, a fait apparaître une violente opposition à ce gouvernement d’unité, notamment de la part de membres du Hamas de Cisjordanie qui savaient que, compte tenu de l’étroite coopération d’Abbas avec Israël sur la sécurité, cela les condamnait à une répression sans faille.

« Meshaal » a été attaqué de l’intérieur du Hamas pour avoir abandonné trop de terrain à « Abbas ».
Le kidnapping et le meurtre de trois jeunes colons israéliens, en Cisjordanie, a pu être le fait de membres du Hamas de Hébron qui voulaient torpiller une décision politique avec laquelle ils n’avaient jamais été d’accord. Le kidnapping a peut-être eu aussi pour but de forcer « Netanyahou » à réenclencher le processus de libération des prisonniers qui s’était interrompu avec l’échec des pourparlers avec « Abbas ».

Mais l’idée que « Meshaal » à Doha ou qui que ce soit à Gaza ait pu planifier cette opération défie toute logique – et vous pouvez penser tout ce que vous voulez du Hamas mais ils sont logiques.
Ceux qui ont planifié ces enlèvements voulaient saboter le gouvernement d’unité.
Ca pourrait donc être une faction palestinienne rivale, ou Israël, mais cela ne peut en aucun cas être « Meshaal » lui-même, ni le Hamas de Gaza qui ont fait tout ce qu’ils pouvaient, en paroles et en actes, pour sauvegarder l’accord qu’ils n’ont toujours pas dénoncé à ce jour.

Israël n’avait pas besoin de preuves.
Le plan était prêt et il ne lui fallait qu’une excuse plausible pour passer à l’action.
Ca s’est passé de la même manière pour l’invasion du Liban en 1982.
Le 3 juin de cette année-là, « Shlomo Argov », l’ambassadeur israélien en Angleterre, a été attaqué à la mitraillette en sortant de l’hôtel Dorchester, une attaque à laquelle il a survécu.
Trois de ses agresseurs ont été arrêtés et jugés pour meurtre.
C’était des membres du Conseil Révolutionnaire du Fatah de ‘Abu Nidal’, mais c’est l’OLP de Beyrouth qui a morflé.
C’est exactement le même scénario aujourd’hui.

On peut donc se poser cette question :
Quel est exactement le but de Netanyahou ?

Si on prend comme seul critère les intérêts concrets d’Israël, beaucoup de choses dans la situation actuelle semblent être plutôt en mesure de porter préjudice à la sécurité d’Israël sur le long terme.
L’éruption de colère palestinienne provoquée par le meurtre raciste de « Mohamed Abu Khdeir » ne s’est pas produite en Cisjordanie ni à Gaza, mais dans les frontières d’Israël même – à Jérusalem, Nazareth et dans le triangle du nord.
Où, à votre avis, est-il le moins probable que démarre une troisième intifada ?
Dans un quartier de la classe moyenne de Jérusalem-Est du nom de Shuafat.
Relié au centre de la ville par un nouveau tramway, ce quartier était supposé être un modèle d’intégration, pourtant c’est là que la révolte a été la plus forte.

Ces gens-là sont des citoyens israéliens.
Et plus important encore, ils habitent à Jérusalem du côté israélien du mur de séparation.

Mais la différence entre la réaction d’Israël au meurtre des jeunes colons israéliens et sa réaction au meurtre du jeune Palestinien fait le tour du problème.
Quand des Juifs sont tués, les Arabes soupçonnés du meurtre voit leur maison détruite aux explosifs avant même d’être arrêtés, encore moins incriminés.
Mais quand un Arabe est tué, ses meurtriers juifs ont droit à un procès en bonne et due forme.
Toutes les victimes sont pourtant des citoyens du même pays.
Mais leur mort n’est pas traitée de la même manière.

La réaction palestinienne à l’agression militaire détruit des années de travail israélien sans compter les millions de dollars investis.
Elle réunit les Palestiniens de Cisjordanie, d’Israël et de Gaza, qu’Israël a essayés de diviser en les cantonnant notamment dans différents secteurs.

Les déclarations de « Meshaal » et de « Mahmoud Abbas » reflètent cette évolution.
Pour la première fois, le Hamas a posé comme première condition d’un cessez-le-feu, qu’Israël mette fin aux opérations en Cisjordanie et à Jérusalem.
Auparavant le Hamas mettait Gaza en premier.
Plus maintenant.

Le dernier accord de trêve entre le Hamas et Israël n’incluait pas la Cisjordanie et le Hamas ne considérait pas les incursions d’Israël en Cisjordanie comme une excuse pour dire que la trêve avait été rompue.
Mais, cette fois, c’est le contraire.
Israël a pris prétexte de ce qui c’est passé en Cisjordanie pour attaquer Gaza et c’est une erreur fatale car cela réunit les deux camps qu’il voulait tant séparer.

Au plan régional, les erreurs d’analyse sont pires encore.
Israël n’est plus entouré d’états tampons, amicaux ou hostiles, qui sécurisaient ses frontières.
La Syrie ne joue plus ce rôle ni d’ailleurs l’ Egypte de Sisi qui est confrontée à une violente insurrection djihadiste dans le Sinaï.

Les contre-révolutions et les guerres civiles déclenchées par les printemps arabes ont semé le chaos dans la région où des groupes comme l’Etat Islamique prospèrent désormais.
Ils ne respectent pas les frontières comme le constatent la Jordanie, l’Arabie Saoudite, la Libye et l’Egypte. En amenant la cause palestinienne sur le devant de la scène du Moyen Orient, une fois de plus, Israël attire l’attention des éléments les plus extrêmes de l’Islam radical, une attention qui pourrait se révéler très dangereuse, surtout s’il parvient à écraser le Hamas.

Israël qui bénéficie d’une supériorité militaire incontestable et qui est l’instigateur de tout ce qui se produit dans son voisinage immédiat, a encore le pouvoir de faire la paix avec les millions de Palestiniens parmi lesquels il est obligé de vivre, en paix ou en guerre.
Il peut encore faire des concessions territoriales à partir d’une position de force.
Le mot « encore » est capital.
Dans quelques années, ce ne sera peut-être plus le cas.

David Hearst

http://www.legrandsoir.info/  du 11/07/2014

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