Archive | 24/09/2014

Sortons Les Cadavres Des Placards !

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Un cornichon peut-il se changer en limousine ?

Bien pauvre paraît notre pays qui, se cherchant un sauveur, ne semble disposer d’autre ressource que d’ouvrir les vieux placards de la République.
Il y a quelque chose de pathétique dans cette démarche, l’aveu d’une démocratie à bout de souffle qui ne trouve plus de femmes et d’hommes neufs pour assurer sa survie.
À moins qu’elle ne révèle une confiscation du pouvoir par ceux qui l’exercent ou l’ont exercé et ne peuvent se résoudre à le perdre… moins encore à en être définitivement privés.
Alors plus rien ne compte, surtout pas les échecs !
Ils sont sublimés par de nouvelles promesses, non pas d’action, mais de renouveau personnel cette fois.
Une manière de ne pas remettre réellement en cause des choix qui avaient montré leur faiblesse, voire leur inanité.
Rien qui puisse sérieusement donner l’espoir.
Juste les mêmes recettes confiées à un cuisinier doté d’un tablier neuf et qui pourraient révéler une autre saveur.
Il y manquerait toujours l’humilité.

Car la maturité nouvelle qui nous est promise ne peut que susciter des interrogations.
On ne peut s’en tirer en soutenant qu’il est un âge où plus rien ne peut changer.
L’histoire a connu des chefs d’État libéraux devenus autoritaires sur le tard, quand les circonstances eurent cessé de leur être favorables.
L’inverse serait-il possible ?
Se peut-il que le passé cesse de répondre du présent et que la citrouille se change maintenant en carrosse ?
Il conviendrait d’en être assuré avant de prendre un tel pari sur des capacités que le suffrage universel a tenues pour insuffisantes en 2012.
Différents propos rapportés n’y incitent guère, notamment les réactions furieuses publiées lorsque, voici peu, l’institution judiciaire osa traiter un ancien président comme un citoyen .
Celui-ci parut en concevoir plus que de l’aigreur et cela devrait alerter.

Plus de vertu, moins de tapage

La stratégie adoptée également.
Au-delà des mots et des airs de chattemite, il y a quelque chose dans une telle mise en scène qui oblige à la circonspection.
Pas seulement en raison du moment choisi, quand la tempête affecte gravement le pouvoir en place.
Elle paraît offrir enfin l’occasion de se présenter comme l’ultime recours d’une nation qui ne sait plus à qui confier son destin.
D’autres déjà l’ont tenté, sans bonheur pour leur patrie, et de tels exemples ne peuvent que doucher l’enthousiasme.
Mais aussi parce que le projet affiché semble s’inscrire contre les règles posées par la « famille politique » supposée servir de « cheval de Troie » à cette ambition.
Non sans raison, un possible concurrent s’en est ému.
Il y aurait, dans le refus de s’y plier, l’indication d’une volonté qui n’aurait pas appris à se soumettre à d’autres, la démonstration que rien ne compte davantage que d’obtenir le pouvoir, même au prix du reniement.

Bien fade est notre démocratie qui, dans la tourmente, se refuse à des réformes profitables à la collectivité parce qu’elles nuiraient à des intérêts catégoriels, leur seule évocation conduisant dans la rue des professions qui y sont généralement peu portées.
Elles affichent des craintes que leurs revenus peuvent rendre indécentes quand tant d’entre nous peinent à subsister, accablés par des discours insensés qui les désignent à l’opinion comme responsables du péril économique.

Ainsi les égoïsmes ne cessent de s’exprimer, les mieux pourvus n’hésitant pas à exiger des sacrifices, prétendant en être épargnés.
Il faudra plus qu’un homme pour les museler, serait-il de retour d’un exil où il aurait laissé les défauts qui l’y avaient réduit.
Car on ne saurait conduire un pays vers son avenir en révérant le veau d’or, en flattant les peurs et les antagonismes, ni surtout en s’épargnant les contraintes qu’on impose aux autres ou en écartant ceux qui contrecarrent vos desseins.
À tout cela il faut renoncer pour faire naître cette espérance dont nous avons tant besoin.
Mais, cette fois-ci, des discours et des drapeaux n’y pourront suffire !
Il y faudra plus de vertu que de tapage et un nouvel échec pourrait bien nous plonger dans le chaos.

Eric de Mongolfier

http://www.lepoint.fr/  du 21/09/2014

Ce CHAOS vers lequel nous poussent tant d’autres qui y oeuvrent depuis si longtemps !

Notre Français Est Maintenant Ecorché.

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Les innombrables fautes de Français du petit Nicolas.

Depuis toujours, Nicolas incarne ce type bien connu du cancre à qui sa propre médiocrité n’inspire aucune honte.
Poussez-le à bout, il en tirera sans doute la preuve éclatante de sa fibre populaire, de sa proximité avec ces « analphabètes » pour qui il fit preuve, dimanche soir, d’une commisération si touchante.
C’est à cette impudeur-là qu’on les reconnaît sans faute.

Les siennes furent jetées en toute insouciance à la face du citoyen.
Ne parlons pas de son style, dont « Marc Lévy » lui-même pourrait se faire un très légitime censeur. N’évoquons pas davantage son désamour incurable de la négation, infligé à nous au rythme « rappesque » des « C’est pas l’ problème » et autres « J’y peux rien ».
Contentons-nous de citer, endeuillés quoique résignés, ce par quoi il a sans vergogne violenté la langue française pendant 45 minutes.

Florilège.

« Qu’est-ce qui reste de la longue série d’anaphores […] ? » (09 : 27)

Grossier pléonasme :
François Hollande n’a fait qu’une seule anaphore, laquelle implique déjà, par définition, la répétition d’un même groupe de mots.

« Pardon… je vais, bien sûr, vous répondre à cette question. » (11:52)

Un beau salmigondis.

« J’aurai été l’homme politique, dans l’histoire de la République, qui aura été examiné sur toutes les coutures. » (14:18)

Comme le roi Dagobert ?

« Sous les projecteurs… avec tous ceux qui ont commencé à m’attaquer avant même que j’aie dit quoi que ce soit […] » (12:55)

Faute de temps :(« Que j’eusse dit quoi que ce fût ».)
Où est passé l’imparfait du subjonctif du temps où tu disais :

« J’aurais d’ailleurs souhaité qu’il restât au gouvernement » ?

Nous qui avions tous cru à ta spontanéité !

« Désormais, j’attendrai, avant de juger, d’être certain que la personne à qui on reproche quelque chose, c’est pour ce qu’il a fait, et non pour ce qu’ilest. » (15:44)

Profession de foi d’un pro-gender.

« Les Français qui nous regardent sont habitués de ces joutes politiciennes […] » (17:42)

Adjectival, donc « habitués à » …

« La grande question pour nous, c’est pas tant de promettre que de tenir.
Et la question que se posent les gens […], c’est qu’est-ce qui va nous donner la garantie que vous tiendrez ce que vous dites. »
 (41:42)

C’est déjà intenable.

« Tous ces clivages-là, toutes ces nouvelles idées que nous devons amener, elles ne sont pas satisfaites par les anciens compartiments politiques (sic). »(40:02)

Pauvres clivages insatisfaits qu’il faut satisfaire en les compartimentant mieux.
J’ai bon ?

« On a humilié tout un tas de braves gens […], qui se sont sentis blessés, parce qu’on touchait à ce qu’ils croyaient le plus profondément : leur amour pour la famille. » (43:28)

Solécisme : « On touchait à ce à quoi ils croyaient » …

« Beau résultat pour un Président qui prétendait rassembler la France ; il l’a divisée, il l’a montée les uns contre les autres comme jamais. » (43:44)

Pas très catholique, ce ménage à trois…

Ah, Nicolas, la forme est à l’image du fond.
Toi qui suppliais si humblement qu’on t’accordât deux neurones.

On va y réfléchir, c’est promis.

Xavier Mignot

http://www.bvoltaire.fr/  du 24/09/2014

L’ Education Française Devenue Inique.

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Les adolescents français en « détresse psychologique ».

A qui la faute ?
Un rapport vient d’être rendu par l’UNICEF au gouvernement :
« Adolescents en France : le grand malaise. »
Selon cette étude, 43 % des adolescents français seraient en état de« détresse psychologique ».

On peut s’interroger sur la pertinence de la démarche.
Autant demander aux pensionnaires d’une maison de retraite s’ils ne ressentent pas quelques misères physiques et s’esbaubir du résultat.
À 81 % des ados sondés, il arrive d’être triste ou « cafardeux » ?
Ils ont leur âge, en somme.
Que celui qui n’a jamais caressé une demi-seconde l’idée, après avoir été humilié par un prof, de se suicider pour donner à celui-ci des remords éternels — imaginant déjà tous ses condisciples, oui, même les caïds qui ne le regardent jamais, une fleur blanche à la main devant son cercueil — lève la main. Heureusement, il y a loin de la pensée à l’acte.

On peut se demander si l’absence de « grand malaise » autrefois n’était pas simplement défaut de thermomètre – on ne se piquait pas tant alors de psychologie enfantine — ou si ces souffrances morales ne sont pas d’inévitables douleurs de croissance, au même titre que les élancements nocturnes dans les jambes.

Ces réserves faites, on peut aussi accorder quelque crédit à l’UNICEF… en lui conseillant de regarder en direction de l’école, où nos ados passent le plus clair de leur temps.
École française républicaine où ils font peut-être une overdose de liberté, d’égalité, de fraternité ?

Égalité des notes, que l’on veut progressivement supprimer :
Plus moyen de se distinguer par le travail.
Or, disons-le cyniquement, un 20 ne vaut que par le zéro des autres.
L’école des fans manque d’attrait passé la maternelle.
Dès lors, ce n’est plus le mérite qui vous fait sortir du lot, mais des qualités sur lesquelles vous n’avez, hélas, aucune prise :
Charisme personnel, physique avantageux, fortune des parents par laquelle on a vêtements et high-tech dernier cri.

Égalité des sexes, dans une mixité confuse dont personne ne sort gagnant.
Les garçons y seraient « castrés » par des filles dominatrices et fortes en thème, prétendent certains comme « Éric Zemmour », mais les filles ne sont pas à la fête non plus.
Au collège, la précocité dans les études est souvent inversement proportionnelle à celle de la puberté.
Sur le même pupitre, de grands gaillards en échec scolaire – presque des hommes – se retrouvent serrés contre de frêles tendrons.
De peur des sous-entendus graveleux, celles-ci préfèrent ne plus lever le doigt.
Pour se défendre, elles n’ont d’autre choix que d’assimiler le dialecte vernaculaire : les insultes ordurières.
Mais le combat est vain.
Nul ne contestera que le garçon a, dans ce domaine, un sens de la formule plus inné que la fille.
Et cette « liberté de langage » n’est bridée par personne.

Les autres libertés non plus, d’ailleurs.
Or, la liberté dans une cour de récréation porte un nom : la loi de la jungle.
L’UNICEF s’étonne donc que les jeunes souffrent « d’insécurité » ?
Sans parler, bien sûr, de la liberté sexuelle, encouragée pourvu qu’elle soit aseptisée.
Mais une sexualité trop précoce est comme un bon roman lu trop tôt :
C’est décevant et le charme de la découverte en est défloré pour la vie.

Trop de fraternité, enfin :
Il faut travailler en groupe.
Monter des projets communs.
Partir en voyage scolaire.
Faire connaissance à marche forcée avec« l’autre » quand on n’a pas seulement fait connaissance avec soi-même.
Les« empruntés », les « introvertis » sont regardés de travers.
Et l’UNICEF déplore l’importance démesurée des réseaux sociaux ?

Et si, plus que les ados, l’école était en « détresse psychologique » ?

Gabrielle Cluzel

http://www.bvoltaire.fr/  du 24/09/2014

Du Linge Sale Politique Et Privé !

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« J’ai vu Hollande plus bas que terre »

Six mois après son éviction de l’Elysée, l’ex-conseiller politique de François Hollande s’estime victime de ténébreux complots.

Et il se lâche.

La chute fut brutale et la blessure, inguérissable.
Aquilino Morelle, l’ancien conseiller politique du président de la République, chassé de l’Elysée après avoir été rattrapé par un vieux contrat avec un laboratoire pharmaceutique et ridiculisé par ses habitudes de dandy, règle ses comptes.

A peine a-t-il goûté son expresso qu’il se déchausse.
Ses pieds caressent le velours grenat de ce bar d’hôtel de Saint-Germain-des-Prés.
C’est un message subliminal, sans doute, une manière de dire :

« Regardez-moi bien, je suis Aquilino Morelle, avec mon bronzage de Toscane, mon blazer chic, mon parfum sucré, je me tiens comme je veux, je fais ce que je veux, et je vous conchie, vous, les journalistes qui m’avez trucidé pour une grotesque histoire de souliers ».

Il est vrai que ses séances de cirage de chaussures à l’Elysée, dévoilées en avril par « Mediapart », et abondamment commentées, ont entraîné sa chute, autant, sinon plus, que la révélation du contrat passé, en 2007, avec le laboratoire « Lundbeck » alors qu’il était encore inspecteur à « l’Igas » (Inspection générale des Affaires sociales).
Il a payé.
Liquidé en 24 heures chrono, prié par François Hollande de quitter « illico » le Palais.
Brutalité risquée à l’égard d’un conseiller qui sait beaucoup, beaucoup de choses, après avoir côtoyé l’intimité du président.

« L’enfoiré », l’appelle désormais « Aquilino Morelle » tant la colère le dévaste.
L’ancien chef de la communication élyséenne laisse filer les mots, lui qui maîtrisait si bien son langage.
Il veut tout contrôler mais ne contrôle plus rien.
Il est délicieux, détestable, passe de l’analyse froide à la haine indomptable, d’une sagesse quasi orientale à la paranoïa la plus totale.
Le passé, il veut y revenir mais il lui fait mal.
Alors, dès qu’une question le gêne, il se cabre, éructe et clame, sombre, raide comme s’il affrontait le Politburo :

« C’est simple, j’ai été victime d’une élimination politique planifiée. »

Son ami Maître « Georges Kiejman » lui avait conseillé d’attendre que le cyclone passe, après l’avoir dissuadé de porter plainte contre « Mediapart ».
Surtout ne plus faire de bruit, ne pas indisposer les juges du pôle financier qui enquêtent sur une possible prise illégale d’intérêts liée au contrat signé en 2007 avec le laboratoire pharmaceutique.
L’avocat a toujours pensé qu’il fallait protéger ce « cher Aquilino », d’abord de lui-même :

Ce garçon brillant et attachant passe parfois de l’autre côté du cheval »,

note-t-il.
Le silence fut évidemment un supplice pour le conseiller en communication, dont le métier, porte-parole officieux du prince, consistait précisément à dialoguer avec les journalistes.
Il a tenu cinq mois, espérant être rapidement entendu par la justice, jusqu’à ce que l’attente devienne insupportable.

Je ne peux pas rester immobile toute ma vie.
Je dois m’expliquer pour ma femme, mes enfants, mes amis, tous ceux qui n’ont pas compris mon silence… Le dossier est vide, je n’ai rien à me reprocher. »

Morelle voulait trouver le bon timing, c’est ce qu’il confiait à « l’Obs » au cours de nombreux entretiens.
Il n’avait pas prévu que « Valérie Trierweiler » et son brûlot viendraient brouiller sa rentrée.
En hollandie, ces temps-ci, mieux vaut dégainer vite.

Lui aussi va écrire un livre « et ça peut saigner », murmure-t-il, tout en assurant ne pas vouloir causer de tort à ses camarades socialistes.

[…]

Il envisage, dans ses Mémoires, de revenir sur tout, la vie au Palais, François, Valérie, Manuel et les autres…
Sur le sort si injuste réservé à sa femme, « Laurence Engel », l’ancienne directrice de cabinet d’Aurélie Filippetti emportée elle aussi dans la tempête.

« Je ne peux pas faire autrement… »,

avait prétexté l’ancienne ministre.

Il défendra aussi ses convictions, celles qu’il partage avec le dernier répudié, Montebourg, pour une vraie gauche, proche du peuple, colbertiste, libérée du carcan de Bruxelles.

« Tous ceux qui avaient l’audace de penser différemment, de dire que la marche forcée vers la réduction des déficits ne ferait qu’accentuer la crise ont été excommuniés,

observe-t-il.

« Hollande a fait le choix de la non-discussion. »

« Morelle », lui, a pris le soin de le prévenir de son projet littéraire.
« Il tremble, François  »,
prétend-il, comme si le roi n’était pas mithridatisé.

« Aquilino Morelle », lui, ne passe sur aucune blessure […]

« Jamais nous n’avions été aussi proches qu’en cet hiver 2014″,

se rappelle le conseiller.
Un lien particulier s’est noué entre les deux hommes, après le fiasco « Leonarda » et plus encore durant l’affaire Trierweiler.
« Aquilino », informé par ses amis journalistes, n’ignorait rien des incartades présidentielles.
Jamais il n’en parlait.
Une ou deux fois, il avait simplement dit :

« François, je suis désolé, mais il faut que je te parle d’un truc un peu spécial… »

« François » toujours esquivait.
Et c’est « Morelle » qui a posé l’exemplaire de « Closer » sur le bureau du chef de l’Etat.
Visage livide, rage, désespoir, crise politique et conjugale.

« J’ai vu François nu, plus bas que terre, je l’ai ramassé à la petite cuillère.
Peu à peu, il s’est relevé.
Alors il n’a plus supporté mon regard. »

Quand il pousse la porte du bureau de Hollande au lendemain des révélations de « Mediapart », le communicant sait que ses jours sont comptés.

Il tente encore d’expliquer qu’il est victime d’une offensive des jaloux du Palais, probablement nourrie par « Servier ».
La firme pharmaceutique, qui n’a jamais digéré son rapport au vitriol sur le « Mediator », ni son témoignage à charge lors du procès des victimes à Nanterre, aurait enfin trouvé le moyen de le ­discréditer.
Il plaide que cela ne tient pas sur le plan pénal, que ce contrat avec un laboratoire – unique et vieux de sept ans – ne prouve rien.

« Où est le crime ?
Demander à un chauffeur d’aller chercher son fils quand on ne peut pas y aller soi-même ?
Faire venir un cireur à Marigny ? »

Hollande, bientôt rejoint par « Jean-Pierre Jouyet », ne veut rien entendre :

« Ils ne vont pas te lâcher.
Ils seront comme un chien après un os.
On ne va pas y arriver »,

répète-t-il avant de soupirer :

« Quelle bêtise.
Pourquoi diable, as-tu fait venir ce cireur, pourquoi ne pas avoir demandé cela à ta femme de ménage ? »

« Morelle » explose :

« Et toi tu n’as jamais fait de connerie, peut-être ?
Allez te faire gauler rue du Cirque, avec ton casque, comme un débutant… »

Des noms d’oiseaux fusent.

« Je n’ai pas employé le mot “salaud”, contrairement à ce qui a été écrit, jure l’ancien conseiller.
Mais ce n’était pas loin. »

[…]
Il y a presque du dépit amoureux chez cet homme qui dit encore :

« François se comporte avec moi comme avec Valérie, incapable d’assumer une rupture qui était aussi d’ordre affectif. »

Il y a aussi de la haine car il en est certain désormais :
Hollande a bien donné sa bénédiction à « Mediapart ».
« Monsieur Aquilino Morelle rêve », rétorque« Edwy Plenel ».
Pas tant que ça, selon un proche du président, qui souhaite rester anonyme :

« Hollande savait, évidemment, que l’article était dans les tuyaux.
Il a laissé faire, il cherchait depuis longtemps un moyen d’exfiltrer « Aquilino » qu’il trouvait ingérable et qui formait avec Montebourg un duo incontrôlable. »

Une dernière fois, un week-end, le conseiller revient à l’Elysée vider son beau bureau, trier un à un les documents destinés aux Archives nationales.
Il aurait pu tout détruire, comme Claude Guéant.
Mais enfin, il se sent mieux noyé dans la paperasse que face à ces regards qui le dévisagent après l’avoir vu passer en boucle à la télé, comme un criminel.

C’est une déferlante.
Une enquête préliminaire est ouverte par le nouveau parquet financier.
Selon la presse, « l’Igas » veut le sanctionner (ce qu’elle n’a pas fait à ce jour) et son titre de médecin pourrait lui être retiré.
En réalité, la présidente du Conseil de l’Ordre a reçu « Morelle », et a décidé de ne pas déclencher de poursuites.

Il s’accroche à tous les signes d’amitié, ceux du président de Paris-I, de l’ancien président du Comité consultatif national d’Ethique « Didier Sicard », qui a même adressé au « Monde », dès la révélation de « l’affaire », une tribune dénonçant un « lynchage insupportable ».
Le répudié jure qu’il se sent mieux.

« Je revis d’une certaine manière.
Vendre des billets de 5 euros pour des billets de 500 commençait à m’abaisser intellectuellement. Aujourd’hui, je suis serein. »

[…]
Hollande, qui l’a reçu à l’« Elysée » avant l’été, l’a trouvé très en forme.
Il lui a dit qu’il était triste de toute cette affaire et désolé, pour lui, pour son épouse, qu’il les aiderait à « se recaser ».
Quelques coups de fil ont été passés, sans succès.
« Laurence Engel » a réintégré le Conseil d’Etat, « Aquilino Morelle », lui, a repris le chemin de « l’Igas » et s’attelle à une mission sur la restructuration hospitalière, en attendant des jours meilleurs.
La politique :

« Ce n’est pas fini, loin de là. »

Le dialogue est un peu distendu avec « Manuel », mais pas avec « Arnaud ».
Ensemble, certainement, ils batailleront encore.
L’insouciant remet ses mocassins et s’éloigne, la tête haute :

« Le taureau, ce n’est pas parce que tu lui plantes deux banderilles de chaque côté que tu l’as tué. »

Sophie Des Deserts

http://tempsreel.nouvelobs.com/  du 23/09/2014

Lire l’intégralité de l’enquête « Aquilino la menace » dans « le Nouvel Observateur », en kiosque jeudi 25 septembre.

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