Archive | 25/09/2014

Qui Sont Donc Nos Sages Sénateurs ?

senat-

Pour les sénatoriales :
les copains d’abord !

Dimanche prochain sera renouvelée la moitié des sièges du Sénat.
Dans une indifférence médiatique et populaire quasi totale.
N’y a-t-il aucun enjeu ?
Les résultats sont-ils courus d’avance ?
La « chambre haute »est-elle le dernier refuge des noyaux dirigeants, à l’abri de l’agitation et du voyeurisme ambiants ?

On peut situer l’enjeu à trois niveaux :
-la fluidité législative,
-la stabilité constitutionnelle
-et la présidence.
Car si le Sénat repasse à droite dans une semaine, le gouvernement sera obligé de travailler malgré lui.
Bien que l’Assemblée ait toujours le dernier mot, ce Sénat d’opposition aura un pouvoir d’amendement ou au moins de ralentissement du processus législatif.

Par ailleurs, un changement de Constitution, qui nécessite la majorité des deux tiers dudit Parlement (sénateurs + députés), sera rendu très compliqué.
Enterrée, sans doute, la velléité du candidat Hollande d’étendre le droit de vote aux étrangers.
Enfin, le président du Sénat assure l’intérim en cas de vacance de la présidence de la République. Vacance rare et improbable mais qui, au vu de la crise de régime que nous traversons, n’est pas absolument à exclure.

On pourrait se réjouir de voir ce Sénat feutré, chambre de sages dont la moyenne d’âge s’élève aujourd’hui à 65 ans, échapper au tumulte médiatique.
La représentativité de la chambre haute est basée sur une logique de territoire et pas uniquement de population, donnant la part belle à la notabilité provinciale et la ruralité.
Le mandat du sénateur, moins soumis aux tourbillons et aux soubresauts de l’opinion et des élections, pourrait jouer un rôle de modérateur face à un gouvernement de l’instant, du sondage et de la réélection.

Pour mieux comprendre cette discrète campagne, intéressons-nous donc aux 160.000 grands électeurs qui choisissent – à bulletin secret – les sénateurs.
Qui sont-ils au juste ?
Sur quels critères se décident-ils ?
Parmi ces élus locaux, on trouve beaucoup d’agriculteurs, de fonctionnaires, de retraités, et de moins en moins de médecins, notaires, chefs d’entreprise…
Une part importante est adhérente d’un parti politique.
Même en faisant abstraction de ce caractère partisan, le mille-feuille administratif et son corollaire – le principe de redistribution par subventions – sont tels que l’administration d’une petite commune est devenue très dépendante des choix des intercommunalités, des subventions des conseils (général et régional), des réserves parlementaires des députés et sénateurs… élus qui sont, eux, directement liés aux partis politiques.

Entre naufrage pathétique de l’exécutif socialiste et guerre de succession à l’UMP « sur fond d’affaire Bygmalion », faut-il espérer un sursaut de clairvoyance et d’indépendance des grands électeurs ?

L’émergence de sénateurs plus proches des préoccupations des Français, moins partisans et plus soucieux du bien commun ?

Il est malheureusement plus probable que, sur le radeau de la Méduse de la politique française, le réflexe de survie soit…

les copains d’abord !

Louis Chabrier

http://www.bvoltaire.fr/  du 25/09/2014

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