Politique

Que Reste-T-Il De L’ U.M.P. ?

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Les électeurs (et) les dirigeants.

Huit jours après le deuxième tour de l’élection législative du Doubs, tout se passe comme si les médias, qui ont de fait d’autres chats à fouetter, et les états-majors des deux formations qui alternent depuis plus d’un demi-siècle au gouvernement, en avaient, si je puis dire, pris leur parti.
En réalité, à cinq semaines des élections départementales, les uns et les autres ont fait leur la célèbre formule de Gambetta à propos de l’Alsace-Lorraine :
Y penser toujours, n’en parler jamais.
En réalité, ils en sont tout simplement obsédés, voire paniqués, tant les résultats de cette consultation locale, qui confirme les précédents scrutins du même type et l’évolution de l’opinion, ont de quoi les préoccuper et sont gros de conséquences, en particulier pour le second parti d’opposition, ex-premier, qu’est apparemment devenu l’UMP.

Une première leçon de cette partielle, du reste attendue, est la confirmation de la droitisation de l’électorat français.
Mais à l’intérieur de cette tendance lourde, une deuxième leçon se dégage, et c’est la droitisation de l’électorat UMP, telle que la met en évidence une analyse fine des glissements constatés entre le premier et le second tour.

La consigne donnée par les dirigeants de l’UMP était parfaitement claire :
C’était la pure et simple réaffirmation du fameux « ni-ni », c’est-à-dire du refus de choisir lorsqu’une élection met aux prises le Parti socialiste et le Front national, et de l’étanchéité de la cloison censée séparer, comme au bon vieux temps de Jean-Marie, le parti de Marine Le Pen et celui de Monsieur Sarkozy.
Il est vrai que cette position n’avait été adoptée qu’à l’issue d’un vrai débat, long et orageux, et que ses rivaux l’avaient fait prévaloir sur celle, plus nuancée et plus laxiste, que défendait l’ancien président de la République.

Il n’est pas si surprenant que les divisions et les oppositions qui se déchaînent publiquement au sommet du parti se soient reflétées dans les choix de son électorat, et il n’y a d’ailleurs pas de raison de penser qu’au niveau intermédiaire, celui des adhérents et des militants, il n’en soit pas de même.
Ce qui n’était pas prévu, c’était la répartition finale et le sens des choix opérés.

Il apparaît en effet que si un quart de ces électeurs qui n’étaient plus représentés au second tour se sont abstenus ou ont voté blanc, comme tendait à le préconiser Monsieur Sarkozy, un quart se sont reportés sur le candidat socialiste, comme le recommandaient Monsieur Juppé et Madame Nathalie Kosciusko-Morizet… et la moitié ont voté pour la candidate du Front national, comme n’avait souhaité ou osé le suggérer aucun hiérarque de l’UMP.

Il y a donc un décalage spectaculaire entre la configuration du personnel dirigeant de l’UMP et les préférences d’électeurs bien décidés à ne tenir aucun compte des consignes de vote données par la direction du parti.
Il y a eu une UMP d’en haut, déconnectée du terrain et de la réalité, et une UMP d’en bas, qui constitue les gros bataillons du parti et vient de mettre la crosse en l’air.
Dans le cas où l’UMP n’est plus présente au second tour, cette masse n’hésite aucunement à franchir le seuil interdit qui la sépare du Front national (il n’est d’ailleurs pas sûr que la réciproque soit également vraie).
L’étanchéité a fait place à la porosité et, compte tenu des nouveaux rapports de force, c’est en faveur de Marine Le Pen que va le courant.

Dernier enseignement de cette partielle, décidément riche de contenu.
Les querelles de personnes, de tactique et de positionnement politique qui sont susceptibles de faire voler en éclats le sommet du parti ont d’ores et déjà gagné sa base.
-Que reste-t-il d’un parti qui n’a pas de chef, ou qui en a trop, ce qui revient au même,
-que reste-t-il d’un parti qui n’a pas de candidat à la présidence de la République, ou qui en a trop, ce qui revient au même,
-que reste-t-il d’un parti qui n’a pas de projet, ou qui en a trop, ce qui revient au même ?
Que reste-t-il de l’UMP ?

Dominique Jamet

http://www.bvoltaire.fr/  du 15/02/2015

A propos de pelosse

Française née de parents Français, sur le sol Français, d'identité Française ! e-mail obsolète. consulter le blog.

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