FRANCIA, Politique

Courageux Mais Pas Téméraires.

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L’intransigeance a ses limites.

« Majorité fracassée »« coup de force »« fin du quinquennat »
D’un côté, cinquante élus qui ne peuvent croire qu’un ministre-banquier soit le plus grand ennemi de la finance,
-qui ne peuvent admettre le virage social-libéral du gouvernement,
-qui ne peuvent plus avaliser une politique économique et sociale qu’ils considèrent comme erronée, comme injuste et surtout comme illégitime puisque directement contraire aux engagements sur lesquels ils ont été élus,
-et qui sont donc résolus, quoi qu’il en coûte, à revenir s’abreuver aux sources fraîches du socialisme.
En face d’eux, un Premier ministre volontaire, autoritaire, déterminé à faire rentrer dans le rang les rebelles, à lutter contre «le conservatisme, l’immobilisme, l’infantilisme» qu’il condamne dans un discours censé s’adresser à l’opposition mais d’abord destiné aux frondeurs et bien décidé à poursuivre contre vents contraires et marées descendantes sa politique de « réformes ».

Les conditions d’un clash semblaient donc réunies.
D’un côté, la possibilité de matérialiser leur refus de toute compromission et de sortir le « chiffon rouge » du placard où il prend la poussière était offerte sur un plateau aux dissidents par le dépôt, consécutif au 49-3, d’une motion de censure.
De l’autre, François Hollande, Manuel Valls, Jean-Christophe Cambadélis et Bruno Le Roux étaient fondés à saisir l’occasion pour en finir avec une fronde en passe de tourner à l’insurrection et de prendre contre ceux qui leur plantent un couteau dans le dos la sanction suprême et définitive :
l’exclusion d’un parti qui aime le débat, qui organise les courants, qui multiplie les motions, mais qui ne plaisante pas avec la discipline et exige que la minorité se plie aux décisions de la majorité et forme avec celle-ci un bloc sans faille.

Oui, mais l’intransigeance a ses limites.
Au royaume du compromis, les solutions boîteuses sont reines.
Sanctionner comme ils le méritent ceux qui ont empêché l’adoption d’un projet de loi présenté par ses promoteurs comme le tournant du quinquennat serait tout simplement suicidaire pour un gouvernement désormais sans majorité.
Aller jusqu’au bout de leurs idées et se constituer en groupe d’opposition ne le serait pas moins pour des gens qui n’existent politiquement que par l’étiquette et l’investiture de leur parti.
Car la seule issue à une telle crise serait bien entendu la dissolution de l’Assemblée nationale et les uns, courageux mas pas téméraires, ne songent pas plus à remettre leur mandat en jeu que les autres, démocrates mais allergiques aux élections, à solliciter le suffrage universel, dont l’arbitrage est connu d’avance.
À quatre semaines des départementales, à quatre mois du congrès, à dix mois des régionales, ni les uns ni les autres ne sont enclins à anticiper ou aggraver des désastres annoncés et attendus.

Alors, les frondeurs seront simplement mis au piquet, coiffés du symbolique bonnet d’âne et privés du droit de poser des questions d’actualité.

Alors, le gouvernement continuera à faire semblant de gouverner et ira droit devant lui comme un canard sans tête.

Du temps où l’on ne divorçait pas comme on change de chemise, le cas était fréquent de ces couples séparés de cœur, voire de corps, mais non de biens, qui maintenaient la façade d’une vie commune.
Et celui-ci ne peut même pas avancer la justification habituelle d’un tel choix :
on reste ensemble pour les enfants.

Dominique Jamet

http://www.bvoltaire.fr/  du 20/02/2015

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