Archive | 19/03/2015

C’est Un Cauchemar Marseillais.

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Le feuilleton représente
l’échec du multiculturalisme.

« Tout est politique », disaient les jeunes « maos » en mai 68.
Il est difficile de savoir dans quelle mesure cette assertion insidieusement totalitaire est juste, mais ce qui est certain, c’est que lorsque ces enfants de la bourgeoisie prirent le pouvoir – qu’ils tiennent toujours -, ils décidèrent de tout politiser.
C’est ainsi qu’en France, plus que dans aucune autre démocratie européenne, toute forme de médiation devint un vecteur possible de propagande.
L’Éducation, l’art contemporain, le cinéma, la chanson, aucun secteur ne devait échapper à l’effort de guerre idéologique inspiré des théories du penseur communiste italien « Gramsci », pour lequel la révolution devait également s’opérer dans un renversement de l’« hégémonie culturelle ».
C’est pourquoi lorsqu’on se donne pour objectif d’étudier le travail des médias, il est nécessaire, aujourd’hui en France, d’élargir le champ d’étude au-delà des médias proprement dit, tout un pan de l’activité culturelle ayant été mobilisé pour « informer » les citoyens, pour leur donner à voir la réalité de leur pays selon un prisme idéologique parfois singulièrement déformant.

Dans cet ordre des choses, le feuilleton « Plus belle la vie », diffusé tous les soirs sur « France 3″, chaîne publique, à une heure de grande audience, est un véritable cas d’école.
Outil de propagande du «politiquement correct» offrant une image idéalisée et totalement factice du «vivre-ensemble», ce feuilleton au succès croissant divulgue à plus de quatre millions de téléspectateurs une image « positive » de Marseille et de la «France telle qu’elle va vers un monde meilleur», que les événements du mois d’août ont eu tendance à inverser littéralement, révélant d’une manière saisissante l’arnaque intellectuelle en œuvre derrière le feuilleton à destination des masses.

 Marseille
comme enjeu symbolique

Il n’est pas anodin que la série « star » de la télévision publique se déroule à Marseille et dans un quartier, le «Mistral», directement inspiré du quartier du «Panier», un quartier de forte immigration maghrébine aujourd’hui en phase de «gentrification».
Marseille est en effet un enjeu symbolique fort, un symbole du multiculturalisme tel qu’il doit réussir, une alternative au désastre de la Seine-Saint-Denis où la mer et les cigales se substitueraient au bitume et aux crachats.

« La ville est devenue un laboratoire de la modernité, une grande expérience de cohabitation entre Français d’origine et réfugiés d’Afrique du Nord. » 

expliquait déjà en 2011, « Julia Amalia Heyer » dans « Der Spiegel ».
Ce sont précisément ces raisons qui ont été mises en avant pour faire de Marseille la capitale européenne de la culture en 2013 :

« Marseille est la ville la plus multiculturelle de France (…).
Aux mutations culturelles qui touchent toute l’Europe, il faut proposer des réponses culturelles, et la dimension européenne est une clé pour dépasser les blocages postcoloniaux.
Faire de Marseille une capitale européenne de la culture, c’est adresser un signe très fort à tous les néo-européens. »

Ainsi s’exprimait le compositeur « Pierre Sauvageot » pour soutenir la candidature de la ville, sur le site « Rue89″.
Marseille, capitale moins de la culture, donc, que de l’utopie multiculturelle proposée comme modèle positif aux « néo-européens » (i.e. les immigrés d’origine extra-européenne), et comme exemple propre à décrisper les archéo-européens récalcitrants au changement de régime.

Car le «multiculturalisme», rappelons-le, ne se résume pas à l’idée d’enrichissement d’une culture particulière par des apports exogènes, processus qui a toujours existé dans n’importe quelle culture, mais à un changement de régime politico-culturel.

Là où jusqu’alors, une culture locale dominante assimilait des éléments extérieurs nouveaux, le libéralisme mondialisé propose un régime de coexistence de cultures différentes, en quelque sorte « privatisées », pour que se substitue comme liant social, à une culture ancestrale commune, deux seuls référents : l’argent et la législation politiquement correcte.
Tout cela se mettant bien sûr en place sur les décombres de l’ancienne culture nationale.

La question de l’islam

L’un des principaux problèmes auquel est confronté le projet multiculturaliste, se trouve être l’expansion de l’Islam en Europe et les réactions de rejet que cette religion suscite.
Forcément, on vante les joies de l’échange et de la rencontre des cultures, mais lorsque les musulmans se sentent majoritaires sur un territoire,   :

ils l’islamisent.

Ce qui leur est naturel, au demeurant.
Et le multiculturalisme n’apparaît alors que comme une phase transitoire entre deux dominations culturelles.
D’où les crispations des autochtones, auxquels on avait promis une liesse bigarrée, et qui se retrouvent à vivre dans un univers particulièrement uniforme et contrôlé où ils figurent en tant que scories pressées de disparaître.
L’intégration de l’islam, quitte à passer par mille « accommodements raisonnables », est donc une priorité des tenants du multiculturalisme.
Or Marseille, sur la question de l’islam, revêt encore une dimension stratégique.
Comprenant la plus importante communauté musulmane de France (un marseillais sur quatre y appartiendrait), et le projet de construction de la plus grande mosquée du pays, c’est bien là que doit se prouver la solubilité de l’islam dans l’utopie multiculturelle.
En outre, les musulmans ne s’y sentent pas « stigmatisés ».
Tolérance des Marseillais ?
Plus trivialement, cela tiendrait à la position de force des musulmans :

A Marseille, la communauté est tellement importante qu’on n’a pas de problème de stigmatisation.
On n’en avait pas avant les débats sur le port de la burqa, on n’en aura pas non plus après
“,

assurait ainsi le gérant d’un « snack hallal » au JDD en 2010.

Une ville
« euro-méditerranéenne »

En somme, Marseille est moins devenue une capitale multiculturelle
qu’une grande ville française islamisée.

Pour faire digérer cette réalité, le Pouvoir a recours à des figures de style, Marseille se trouvant présentée comme le « phare » de l’« euro-méditerranée » et, pour implanter cette idée dans la conscience collective, on ouvre le « Mucem » en juin dernier, le «Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée». 
Quelle est la mission officielle de ce musée ? 
Il serait :

«consacré à la conservation, l’étude, la présentation et la médiation d’un patrimoine anthropologique relatif à l’aire européenne et méditerranéenne, à partir de collections d’origine internationale et de recherches tournées vers une approche transdisciplinaire, concernant les sociétés dans leur totalité et dans l’épaisseur du temps. »

Ce jargon technocratique trahit à quel point le projet du musée est simplement d’être un fourre-tout dénué de contours et de direction, mais qui parviendra à fabriquer de toutes pièces l’idée d’une cohérence civilisationnelle entre l’Europe et la Méditerranée, laquelle justifierait, en somme, l’africanisation de la seconde ville de France.
Un dispositif de propagande qui fait songer à l’évocation de Charlemagne par les Nazis occupant la France :

« Non, vous n’êtes pas envahis par les Allemands, vous venez juste de retrouver votre bon vieil empire carolingien ! »

Tour de passe-passe assez grossier, surtout que dans le cas de Marseille, il ne repose sur aucune réalité tangible.
S’il y a bien eu une Europe méditerranéenne, ce fut à l’époque de l’empire romain, alors que les Berbères et les Ethiopiens étaient des citoyens romains, par la suite christianisés, et cette « euroméditerranée » là s’est éteinte avec la chute de l’Empire et l’expansion musulmane, c’est dire qu’elle appartient davantage à l’archéologie qu’à une Histoire vivante.

  »poubelle la vie » ou
le réalisme  socialiste bis

C’est donc pour toutes ces raisons que Marseille est devenue le territoire d’élection de l’ »utopie multiculturelle », et que le feuilleton de propagation de cette utopie y a pris ses quartiers.
Le titre même de la série semble suggérer au téléspectateur :

« La vie sera plus belle quand elle sera vécue selon les paradigmes que nous allons exposer dans la fiction suivante. »

Quels sont-ils ?
Le sociologue « Jean-Yves le Naour », qui a consacré une étude extasiée à la série (Plus belle la vie, la boîte à histoires, PUF) les expose ainsi :

« On y voit des jeunes filles avorter, des homosexuels en veux-tu en voilà, une apologie de l’amour libre et du métissage, des plaidoiries pour les sans-papiers, etc.
Même la question de l’islam (…) est abordée dans le feuilleton.
Au centre du récit, on trouve le « vivre-ensemble », le rejet du communautarisme, la promotion de ce que l’on appelle la « diversité », et ce n’est pas un hasard si la plupart des couples de « Plus belle la vie » sont mixtes.
Les scénaristes ont même poussé la perversion démocratique jusqu’à faire tomber amoureux un flic raciste et une policière beurette.
 »

D’une certaine manière, le feuilleton suit une démarche esthétique semblable à celle prônée autrefois par le «réalisme socialiste» en art et en littérature, transposée sur l’idéologie de l’époque, l’enjeu étant de décrire le monde non tel qu’il est, mais tel qu’il devrait être si l’utopie promue était réalisée.

 Un instrument de lutte
idéologique au quotidien

En plus de cette vision artificielle du monde délayée tout au long de la série, celle-ci développe au jour le jour une lutte idéologique sur les sujets que soulève l’actualité.

Un récent article d’« Arrêt sur images » va jusqu’à affirmer :

 « à partir de 2007/2008, la série a engagé une lutte idéologique contre le « sarkozysme » en détricotant complètement les arguments de l’UMP quasiment au jour le jour. »

En quoi consiste ce prétendu « détricotage » ?
Eh bien par exemple :

« Lorsque Sarkozy s’attaqua pour la première fois aux Roms, un personnage de gentil jeune gitan apparut très peu de temps après et entama une histoire d’amour avec une des jeunes vedettes de la série. »

« Détricotage » ultime, et éthiquement très limite sur le service public :

« Quelques jours avant les élections présidentielles, nous avons été témoins d’une scène extraordinaire.
Dans le café du Mistral qui est le point de ralliement de tous les personnages, au comptoir, le docteur « Leserman », une des figures les plus positives de la série a exprimé, évidemment sans le nommer, mais de manière très claire, qu’il n’était pas question de voter pour Sarkozy.
Les autres ont opiné comme si ça allait de soi. »

Plus récemment, lors du débat sur le mariage gay, pour donner la parole aux opposants,d’après le site de « Jean-Marc Morandini », on a vu une mère de famille acariâtre insulter deux honnêtes homosexuels qui s’embrassaient innocemment.
Ce «détricotage» n’a donc strictement rien à voir avec le moindre début d’argument rationnel, il consiste simplement à exploiter le sentiment d’identification du spectateur à des figures positives, lesquelles relaient l’idéologie politiquement correct, et sont victimes de figures négatives caricaturales qui assument et résument tout discours divergeant.
Une simple manipulation émotionnelle de masse sous le couvert d’un divertissement bas de gamme.

 Bienvenue
dans le monde réel

Dans la réalité, cependant, Marseille est loin de cette réussite voulue par le pouvoir libéral-libertaire et anticipée par «Poubelle la vie» !
Dans la réalité autrement plus moche, la seconde ville de France est même l’exemple le plus manifeste de l’échec du multiculturalisme, et cette dissonance est telle qu’elle renvoie le discours officiel comme l’univers de carton pâte du feuilleton à leur nature de farce sinistre et à leur pure fonction de propagande.
En effet, si Marseille a été sous le feu des projecteurs en cette fin d’été, ce n’est pas tant parce qu’elle était cette année la « capitale européenne de la culture » ou parce que le « vivre-ensemble » y était aussi merveilleux que dans le quartier du Mistral, mais parce qu’elle n’est plus que le territoire de jeu des bandes rivales maffieuses.
Sur le terrain, la belle utopie marseillaise se résume à une ville dont la moitié des arrondissements est classée en zone de sécurité prioritaire et où la violence est telle et la police si dépassée par les événements, que « Samia Ghali », pourtant «néo-européenne» encartée au PS en appelle depuis un an à l’armée.

«Il y a un an jour pour jour, j’avais tiré la sonnette d’alarme en lançant un appel à l’armée dans les cités, et la situation est toujours la même !»

a-t-elle déclaré alors que les ministres Ayrault et Valls venaient assurer un minimum de communication après le treizième meurtre de 2013 commis par les trafiquants.
Il faut dire que ces règlements de compte provoquent des dommages collatéraux jusque dans les hôpitaux, comme à La Conception, le dimanche 18 août, lorsqu’un infirmier est agressé au couteau parce qu’il ne veut pas prendre assez rapidement en charge un groupe d’hommes qui venait de poignarder à mort un rival de 18 ans.
Les infirmiers réclament des renforts de police aux urgences.
Après l’armée dans les cités, doit-on envisager que l’Etat français ruiné paie un policier derrière chaque infirmier pour que celui-ci puisse soigner gratuitement des assassins sans risque pour sa vie ?
À ce compte-là, l’utopie multiculturelle risque de coûter une fortune…

Retour au chaos
avec le multiculturalisme

«La France multiculturelle est un échec.
Cet idéal, promu depuis trente ans par l’idéologie antiraciste, produit plus de racisme encore.
C’est ce qui ressort du rapport de la Commission nationale consultative des droits de l’homme.
Il est urgent de stopper la libanisation de la France »
,

affirmait le journaliste Yvan Rioufol, il y a quelques mois et peu de temps avant que ce laboratoire du multiculturalisme qu’est la citée phocéenne illustre son propos d’une manière aussi éloquente que sanglante.
Cet échec était pourtant prévisible, non seulement parce que cette utopie est absurde, mais de surcroît parce que les conditions de son hypothétique réalisation sont absentes.
En effet, comme nous l’avons dit, renonçant à faire communier le peuple dans une culture historique dominante, le projet multiculturel, projet libéral, ne dispose plus, comme facteur de lien social, que des deux ressorts de la loi et de l’argent – les bienfaits du doux commerce qui domestiquent les relations humaines sur la base de l’intérêt bien compris, et la coercition de l’Etat.
Quand les prisons sont saturées et le pays en pleine crise économique, forcément, on va droit au chaos, et l’idéal multiculturel se retourne en société multi-raciste, ultra-violente et atomisée, dont les symptômes sont particulièrement nombreux à Marseille, bien au-delà des règlements de compte.

Ce que vous ne verrez jamais
dans le feuilleton

Il est aisé de montrer à Marseille le revers de la fiction, en listant par exemple un ensemble d’anecdotes qui en dit beaucoup sur la réalité de cette ville et de son lien social, mais qui, pourtant, ne seront jamais exploitées par les scénaristes de « Plus belle la vie », seulement occupés à peaufiner leur décors factices.
Vous ne verrez jamais, dans ce feuilleton :

« des associations tenues par des dealers notoires (…) subventionnées par des fonds publics.
En échange (de quoi), les caïds de quartier tiennent les bureaux de vote ! »
,

comme le rapporte « Saïd Ahamada » , créateur du collectif « AME ».
Aucun personnage, comme « Fabien », victime au quotidien d’un racisme anti-blanc dans les quartiers nord, ne sera épaulé ou écouté par les clients du Mistral, alors qu’il témoignerait de son calvaire :

«Plusieurs fois, dans le métro, j’ai dû subir des “sale Gaulois”, “mécréant” ou d’autres injures en arabe (…).
Une fois, ils ont même sorti un couteau, j’ai pris un coup de bouteille de Coca-Cola sur la tête et un coup de poing sur la tempe.
Des inscriptions “va crever, Français”, il y en a jusque sur les murs de ma rue. »

Jamais, le sympathique médecin de la série ne sera confronté à une situation comme celle que rapportait dans « Le Point » du 16 juillet, cette médecin marseillaise, « séquestrée dans un appartement au milieu d’une dizaine de personnes qui (lui) demandent d’établir un certificat de virginité pour l’une de leurs filles. ».
Jamais vous n’assisterez non plus à l’éviction violente d’un camp de Roms par des habitants maghrébins excédés, comme cela s’est produit pourtant l’année dernière sans susciter l’émotion des associations anti-racistes.

L’avenir de la France

Il serait pourtant judicieux de se pencher sur ce genre de cas, puisque si Marseille est un laboratoire du multiculturalisme, la moindre des choses serait tout de même, plutôt que fantasmer sans cesse le programme, de s’intéresser aux résultats concrets de l’expérience.
Résultats d’autant plus importants qu’ils concerneraient, à terme, le territoire entier, où est déjà engagée la « multiculturisation » à marche forcée.
C’est pourquoi, très naturellement et prenant au mot la « doxa officielle », le journaliste dissident « Éric Zemmour » peut conclure au vu des événements :

« La trilogie de Marseille n’est plus Marius, Fanny, César mais désindustrialisation, décentralisation, défrancisation.
La trilogie noire de Marseille est la pointe émergée du malheur français, Marseille est l’avenir de la France. »

Pendant ce temps, la presse dominante à d’autres combats.
Relativiser la situation pour « Le Monde«  et « Libération« , ou bien, comme à »Télérama » ou à « La Provence«  réagissant à une enquête du« Figaro », s’élever contre le « Marseille Bashing ».
Ainsi, pendant que « Plus belle la vie » continue d’entretenir le rêve, la presse bien-pensante traque ceux qui tenteraient de le briser,

Tout cela dût-il s’achever
dans le pire cauchemar.

M.D.

http://www.ojim.fr/marseille-french-disconnection   du 19/03/2015

Le Jour Des Morts De Notre Algérie.

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Honorons ceux qui
sont morts pour notre France.

En attaquant bille en tête « Robert Ménard » pour avoir renommé à Béziers la rue du 19-Mars-1962 rue du Commandant-Hélie-Denoix-de-Saint-Marc, Manuel Valls n’a pas peu contribué à obscurcir la mémoire des événements de la fin de la guerre d’Algérie.

N’était la personnalité exceptionnelle de celui qui a été ainsi honoré, condamné certes par le Haut Tribunal militaire en 1961, mais gracié dès 1966, unanimement respecté et, au soir de sa vie, couvert d’honneurs par tous les gouvernements, on pourrait certes tenir non le changement lui-même, mais le nouveau nom pour une provocation.

Mais en ne voyant en « Denoix de Saint Marc » que le participant au putsch d’Alger (ou plutôt celui qui ne voulait pas trahir sa parole d’officier), Valls ramène la question à un face-à-face absurde entre les tenants du 19 mars et ceux de l’Algérie française, comme s’il n’y avait pas d’autre position possible.

Est-il nécessaire de rappeler d’où vient que tant de rues en France portent aujourd’hui le nom du 19 mars ?
Les signataires des accords d’Évian n’y sont pour rien :

(C’est un jour de deuil national.)

-Le général de Gaulle aurait été le premier choqué que l’on appelât de ce nom une rue en France, « a fortiori » qu’on fasse de cette date une fête nationale.
Tenant les accords d’Évian pour un douloureux pis-aller, il savait que ce jour-là, les Algériens fêtaient, non sans arranger l’histoire, une victoire.
De même que le 1er novembre, jour qui commémore le peu glorieux assassinat d’un couple d’instituteurs français en 1954, tenu pour le début de la révolte du FLN, qui n’est certes pas devenu une fête française (encore heureux), mais que nos ambassadeurs honorent pourtant de leur présence dans toutes les capitales du monde.

-Ni Pompidou ni Giscard n’envisagèrent non plus de fêter le 19 mars 1962.

-François Mitterrand lui-même résista des quatre fers à la pression de la base socialiste pour faire de ce jour une fête nationale.

-Jacques Chirac ne céda pas non plus à cette démagogie.

-Ni Nicolas Sarkozy.

§§§§§

MAIS… l’Assemblée socialiste ayant voté un texte dans ce sens en 2002, il a été avalisé par le Sénat dix ans plus tard, en 2012 , délai d’ailleurs discutable sur le plan constitutionnel.

§§§§§

François Hollande aurait pu s’y opposer, il ne l’a pas fait ! ! !

Derrière tout cela, la pression inlassable du Parti communiste qui avait fondé le principal mouvement d’anciens combattants de la guerre d’Algérie, la FNACA.
Beaucoup d’adhérents de celle-ci n’étaient pas communistes mais voulaient à toute force «leur» fête, frustrés que les poilus aient le 11 novembre, les combattants de la Seconde Guerre le 8 mai et eux rien.
La FNACA organisa, bien avant que cela fût officiel, des cérémonies aux monuments aux morts le 19 mars.
La plupart des élus, pas seulement de gauche, prirent l’habitude de s’y rendre.
En même temps, cette association harcelait les municipalités pour qu’elles instaurent un peu partout des rues du 19-Mars.
J’ai assisté à la réunion d’un conseil municipal de droite qui vota, à l’unanimité (sauf une voix : la mienne), une motion demandant que le 19 mars devienne une fête nationale.
Autour de la table, personne ne savait exactement ce qui s’était passé ce jour-là, et encore moins dans les tragiques semaines qui suivirent.
On savait tout au plus vaguement que c’était le jour de la «paix en Algérie».

Pour le Parti communiste, grand amateur de symboles, la signification du 19 mars était beaucoup plus perverse :
Les aventures coloniales n’ayant été qu’une mauvaise chose de bout en bout, le jour où elles se sont terminées, qu’importe dans quelles conditions, devait être célébré.
Les malheureux anciens combattants qui entrèrent dans ce jeu n’avaient, pour la plupart, pas conscience que cette fête disqualifiait entièrement leurs efforts et leurs souffrances.
Il est vrai que ni le mouvement concurrent, l’UNC, ni les hommes politiques qui refusaient d’entrer dans ce jeu ne firent beaucoup d’efforts pour trouver un autre jour, rappelant tel ou tel fait mémorable de notre histoire coloniale, qui leur aurait donné satisfaction.
On s’avisa bien tard de leur donner le 5 décembre, jour à la signification bien pauvre puisqu’il célèbre depuis 2003 l’érection, quai Branly, d’un monument commémoratif de la guerre d’Algérie et des combats de Tunisie et du Maroc.

Cette affaire illustre une fois de plus que, si l’on laisse de côté les questions économiques et sociales – si contraintes par l’extérieur qu’elles ne sont plus significatives – et ne considère que les questions de mémoire et de société, la France est aujourd’hui gouvernée à l’extrême gauche.

Roland Hureaux

http://www.bvoltaire.fr/  du 19/03/2015

L’extrême-gauche nous en reparlera après les élections !

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