LECTURE, Politique

Les Valets Ne Sont Que Des Cartes.

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Splendeurs et misères
des courtisans.

C’est l’histoire d’un jeune homme sans fortune qui, comme tant d’autres, études faites et diplômes en poche, monte de son Sud-Ouest natal vers les bords de la Seine.
Fort de sa bonne mine, riche de ses espérances et plus encore de ses ambitions, il est prêt à tout pour monter et ne doute pas un instant de faire son chemin dans une capitale qu’il toise d’égal à égale :

« À nous deux, Paris ! »

De fait, après avoir brièvement végété dans des emplois subalternes où il s’est fait les dents sur le parquet et déjà quelques relations, il saisit la première chance qui s’offre et accroche son esquif à la barque d’un ministre qui passait par là.

D’une Excellence l’autre, il gravit les degrés obscurs des cabinets et le préposé aux beaux-arts, qui ne se cache ni de ses préférences ni de sa sensibilité à tout ce qui est beau, après en avoir fait son bras droit au Palais-Royal, le fait connaître et apprécier au Château.
Le voilà promu, sans respect pour la plus élémentaire déontologie, à la direction d’un Institut sur lequel il exerçait précédemment sa tutelle.

Il y réussit, de l’avis général, en tout cas de celui de ses supérieurs qui seul lui importe car il est de la race de ceux qui ne se soucient guère de contenter leurs subordonnés et ne s’attachent à plaire qu’à ceux qui sont au-dessus d’eux.
Obséquieux avec les forts, méprisant avec les faibles.

De fait, lorsque la majorité change et passe des libéraux aux partageux, cette péripétie n’affecte en rien son ascension.
Il sait taper dans l’œil des Sages qui affichent leur indépendance en le propulsant à la tête de la radio nationale bien qu’il n’ait ni les titres ni les compétences ni l’ancienneté que suppose ce poste prestigieux.

Tout semble sourire à l’audacieux, quand la conjoncture se retourne brutalement contre lui.
Sommé par le gouvernement de faire plus avec moins et de présenter au plus vite un plan d’économies et de restructuration, ce qui suscite évidemment le mécontentement du petit personnel, il est pris en flagrant délit d’avoir fait rénover son bureau et commandé une nouvelle voiture de fonction.
Deux crimes inexpiables en ces temps d’austérité, au prix où sont le palissandre des cloisons, la moquette et le cuir des banquettes, et qui ont coûté il y a peu sa place au «patron» d’un grand syndicat.
La rumeur enfle, le « Canard » cancane, la « nomenklatura » ricane.
Et c’est alors que son ministre de tutelle, « Fleur Pellerin », et le Premier ministre le lâchent, que celle-là le convoque aux petites heures du matin, que celui-ci le presse dans les formes les plus humiliantes de rendre une copie digne de ce nom et de «prendre ses responsabilités».
Il se retrouve pris en tenaille entre une base qui le siffle et le hue – tout en sachant qu’il n’est, finalement, qu’un exécutant et que la réduction de son budget n’est pas de son fait – et une hiérarchie qui veut récupérer le pouvoir de nomination des présidents du service public de l’information et l’abandonne en rase campagne.
Le sol s’effondre sous ses pas, il ne trouve de défenseurs ni dans son ancien camp ni chez ses nouveaux maîtres.
Son sort semble scellé.
Aux dernières nouvelles, notre héros songerait à faire ses bagages pour Villeneuve-sur-Lot.

À Villeneuve-sur-Lot ?
Vous voulez dire à Angoulême ?
Balzac nous a déjà conté cette histoire dans« Le Père Goriot » et dans les « Illusions perdues ».
Mais non, le personnage dont il s’agit ici ne s’appelle pas « Rastignac ».
Ni « Cahuzac », natif lui aussi de Villeneuve.
Mais « Mathieu Gallet », moderne réincarnation de « Lucien Chardon », dit de « Rubempré ».
Un grand homme de province à Paris.

Dominique Jamet

http://www.bvoltaire.fr/  du 28/03/2015

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