Médias

Des Crabes Autour D’un Gros Magot.

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Qui veut rafler des millions ?

Rares sont les vrais « anars » qui vivent en conformité avec leurs idéaux.
« Brassens » était de ceux-là.
En dépit du succès, de l’argent, des honneurs, il passa l’essentiel de sa vie dans son logement parisien spartiate, sans eau ni électricité, niché dans l’impasse Florimont.
Du côté de la rue Nicolas-Appert, fief de la rédaction de « Charlie Hebdo », les choses sont un peu différentes.
Les trente millions d’euros providentiels engrangés depuis l’attentat du 7 janvier dernier ont eu raison de la belle amitié et de l’ambiance potache qui cimentaient l’équipe.

Dans une tribune publiée dans « Le Monde » – et non dans « Charlie Hebdo », curieusement –, un collectif d’une quinzaine de salariés, mené par l’urgentiste et chroniqueur « Patrick Pelloux », le dessinateur « Luz » et le journaliste « Laurent Léger », revendique un statut d’actionnaires à parts égales, dans le cadre d’une société coopérative.
Se défendant de toute «ambition personnelle», ils refusent que le journal soit contrôlé par «une poignée d’individus» et «fasse l’objet de manipulations politiques et/ou financières».

Si tous ces collaborateurs, qui se prétendent animés par un esprit de solidarité, souhaitaient devenir actionnaires de « Charlie », pourquoi diable ne l’ont-ils pas fait à l’époque où le magazine peinait à survivre et pour lequel une manne financière supplémentaire eût été la bienvenue ?

Pourquoi les partenaires qui ont jusqu’ici assumé tous les risques devraient-ils à présent partager le pactole avec d’autres ?

En 2013, les pertes s’étaient chiffrées à 50.000 euros.
Actuellement, l’actionnariat est détenu à 40 % par la famille de « Charb », tué lors de la fusillade, à 40 % par « Riss », le nouveau directeur de la publication, et à 20 % par « Éric Portheault », cogérant. Ils se sont abstenus de tout commentaire.

On n’ose imaginer le traumatisme que subissent les rescapés de ce massacre, qui ont vu leurs amis tomber et qui ne comprennent pas pourquoi ils sont, eux, encore en vie.
Ils se sentent désormais investis d’une mission :
Perpétuer le travail et l’âme des absents.
Ils voient en « Charlie » rien de moins qu’un «symbole mondial»«une identité inscrite dans la chair de son équipe»«dénonçant toutes les intolérances et les intégrismes».
(Ah ? Il nous semblait qu’ils avaient plutôt l’indignation sélective).
Ils évoquent :
-«devoir de mémoire»,
-« le poison des millions »,
la crainte de décevoir tous les anonymes qui se sont autoproclamés « Charlie ».
À leurs yeux, «c’est une cause juste et morale».
Le mot est lâché, morale.
Depuis quand les anars et les libertaires s’entichent-ils de morale ?

Journal moribond ressuscité par une tuerie, « Charlie » est effectivement devenu un symbole.
Mais est-il encore autre chose que cela ?
Ses millions vont considérablement accroître sa longévité.
Mais rendront-ils pour autant son contenu incontournable ?
Pourront-ils faire renaître de ses cendres un vrai souffle subversif qui s’est éteint au crépuscule des années 70 ?
« Charlie » est en train de devenir le jouet emblématique des candides et des utopistes qui rêvent d’égalitarisme, de collectivisme et d’antilibéralisme.

Avant d’être un organe de presse et un vecteur d’information,
il est la béquille des survivants,
le récit de leur tragédie.

Il est leur résilience.

Eloïse Gloria

http://www.bvoltaire.fr/  du 04/04/2015

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Française née de parents Français, sur le sol Français, d'identité Française ! e-mail obsolète. consulter le blog.

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