Archive | 18/06/2015

Un Ambitieux Politique Opportuniste.

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De Gaulle l’imposteur !

Le 16 juin, de retour de Londres, De Gaulle rejoint Bordeaux, nouveau siège de repli du gouvernement Français.

« Paul Reynaud » vient de démissionner et « Philippe Pétain » est appelé pour le remplacer.
Le général « à titre temporaire » espère beaucoup de la constitution de la nouvelle équipe gouvernementale, pour le moins qu’il soit reconduit à son poste de sous-secrétaire d’État, mais pourquoi pas un ministère plus important, compte tenu de ce qu’il croit être ses bonnes relations avec le maréchal Pétain.
(note de l’auteur :
Le 1er juin 1940, De Gaulle est nommé général de brigade à titre temporaire.
Il m’a été impossible de me procurer le décret qui a nommé De Gaulle dans ses droits de général de brigade à titre définitif :
à quelle date et par qui a-t-il été signé ?
C’est le mystère total.
Le ministère des armées étant dans l’incapacité de fournir ce renseignement pourtant capital que j’ai réclamé il y a quelques années.
Et, comme par hasard, le dossier militaire de De Gaulle a disparu au ministère de la Guerre à la libération de Paris, en 1944.)

« Daladier » s’y oppose fermement (« Si De Gaulle entre, je sors ») et c’est « Baudouin » qui est nommé au poste que De Gaulle espérait, celui de sous-secrétaire d’État à la guerre.

Le général « à titre temporaire » écrit à « Paul Reynaud » une lettre dans laquelle il lui exprime son désarroi de ne pas être retenu dans le prochain gouvernement.
Il lui demande un poste :
que l’on fasse au moins de lui le chef du corps cuirassé.
Il n’est pas entendu.

Infiniment déçu, et après maintes hésitations, De Gaulle, accompagné par son aide de camp Geoffroy Chodron de Courcel, repart le soir même vers la capitale britannique sur le « De Havilland Flamingo ».

Dans l’avion qui le ramène vers Londres, il est accompagné par le général « Edward Louis Spears », envoyé spécial de « Winston Churchill », qui souhaitait surtout les venues de « Paul Reynaud » et « Georges Mandel », mais « Spears » n’a pas réussi à les convaincre.

De Gaulle, qui n’était pas attendu, déclare à Spears :

« C’est bon, ils ne veulent pas de moi !
Dans ces conditions je fous le camp à Londres. »

Il s’agit là d’un point très important, car si De Gaulle s’était vu confier un poste ministériel, ou même sa reconduction comme sous-secrétaire d’État, il serait resté à Bordeaux et aurait fait partie du premier gouvernement Pétain.

Quelle aurait été sa véritable conduite dans la suite des événements ?

Cela, nous ne le saurons jamais.

Bien des années plus tard, en 1967, il se confiera à « Roger Stéphane » :

« Et pourquoi ne pas l’avouer, il y avait l’ambition,

j’étais un ambitieux politique

et il y a eu la rencontre

de la circonstance et de l’ambition. »

Le gouvernement français lui ordonne de rentrer en France, « sous peine d’être jugé comme déserteur ».

De Gaulle écrit au général « Weygand », chef des armées, le 20 juin 1940 :

« Mon général, j’ai reçu votre ordre de rentrer en France.
Je me suis donc tout de suite enquis du moyen de le faire car je n’ai, bien entendu, aucune résolution que de servir en combattant
 »
(Mémoires de guerre, 1954).

Il est important de signaler que, le 16 juin, l’armistice n’est pas encore signé, que donc la France est toujours en guerre et que la fuite de De Gaulle est une « désertion face à l’ennemi en temps de guerre », acte pour lequel des dizaines de soldats ont été fusillés.

Depuis 1958, cette lettre est supprimée, occultée par tous les historiens officiels du gaullisme qui nous livrent donc une Histoire de France revue et corrigée.

Si de Gaulle avait pu se procurer un moyen de transport, que les autorités britanniques lui ont refusé, il serait revenu à Bordeaux.

Et c’en était fini de Londres et de son FAUX « appel du 18 juin ».

Manuel Gomez

http://www.bvoltaire.fr/  du 18/06/2015

Waterloo, Plateau Funèbre Et Solitaire.

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L’expiation

 

Il neigeait. On était vaincu par sa conquête.
Pour la première fois l’aigle baissait la tête.
Sombres jours ! l’empereur revenait lentement,
Laissant derrière lui brûler Moscou fumant.
Il neigeait. L’âpre hiver fondait en avalanche.
Après la plaine blanche une autre plaine blanche.
On ne connaissait plus les chefs ni le drapeau.
Hier la grande armée, et maintenant troupeau.
On ne distinguait plus les ailes ni le centre.
Il neigeait. Les blessés s’abritaient dans le ventre
Des chevaux morts ; au seuil des bivouacs désolés
On voyait des clairons à leur poste gelés,
Restés debout, en selle et muets, blancs de givre,
Collant leur bouche en pierre aux trompettes de cuivre.
Boulets, mitraille, obus, mêlés aux flocons blancs,
Pleuvaient ; les grenadiers, surpris d’être tremblants,
Marchaient pensifs, la glace à leur moustache grise.
Il neigeait, il neigeait toujours ! La froide bise
Sifflait ; sur le verglas, dans des lieux inconnus,
On n’avait pas de pain et l’on allait pieds nus.
Ce n’étaient plus des cœurs vivants, des gens de guerre :
C’était un rêve errant dans la brume, un mystère,
Une procession d’ombres sous le ciel noir.
La solitude vaste, épouvantable à voir,
Partout apparaissait, muette vengeresse.
Le ciel faisait sans bruit avec la neige épaisse
Pour cette immense armée un immense linceul.
Et chacun se sentant mourir, on était seul.
- Sortira-t-on jamais de ce funeste empire ?
Deux ennemis! le czar, le nord. Le nord est pire.
On jetait les canons pour brûler les affûts.
Qui se couchait, mourait. Groupe morne et confus,
Ils fuyaient ; le désert dévorait le cortège.
On pouvait, à des plis qui soulevaient la neige,
Voir que des régiments s’étaient endormis là.
Ô chutes d’Annibal ! lendemains d’Attila !
Fuyards, blessés, mourants, caissons, brancards, civières,
On s’écrasait aux ponts pour passer les rivières,
On s’endormait dix mille, on se réveillait cent.
Ney, que suivait naguère une armée, à présent
S’évadait, disputant sa montre à trois cosaques.
Toutes les nuits, qui vive ! alerte, assauts ! attaques !
Ces fantômes prenaient leur fusil, et sur eux
Ils voyaient se ruer, effrayants, ténébreux,
Avec des cris pareils aux voix des vautours chauves,
D’horribles escadrons, tourbillons d’hommes fauves.
Toute une armée ainsi dans la nuit se perdait.
L’empereur était là, debout, qui regardait.
Il était comme un arbre en proie à la cognée.
Sur ce géant, grandeur jusqu’alors épargnée,
Le malheur, bûcheron sinistre, était monté ;
Et lui, chêne vivant, par la hache insulté,
Tressaillant sous le spectre aux lugubres revanches,
Il regardait tomber autour de lui ses branches.
Chefs, soldats, tous mouraient. Chacun avait son tour.
Tandis qu’environnant sa tente avec amour,
Voyant son ombre aller et venir sur la toile,
Ceux qui restaient, croyant toujours à son étoile,
Accusaient le destin de lèse-majesté,
Lui se sentit soudain dans l’âme épouvanté.
Stupéfait du désastre et ne sachant que croire,
L’empereur se tourna vers Dieu ; l’homme de gloire
Trembla ; Napoléon comprit qu’il expiait
Quelque chose peut-être, et, livide, inquiet,
Devant ses légions sur la neige semées :
« Est-ce le châtiment, dit-il. Dieu des armées ? »
Alors il s’entendit appeler par son nom
Et quelqu’un qui parlait dans l’ombre lui dit : Non.

Waterloo ! Waterloo ! Waterloo ! morne plaine !
Comme une onde qui bout dans une urne trop pleine,
Dans ton cirque de bois, de coteaux, de vallons,
La pâle mort mêlait les sombres bataillons.
D’un côté c’est l’Europe et de l’autre la France.
Choc sanglant ! des héros Dieu trompait l’espérance ;
Tu désertais, victoire, et le sort était las.
O Waterloo ! je pleure et je m’arrête, hélas !
Car ces derniers soldats de la dernière guerre
Furent grands ; ils avaient vaincu toute la terre,
Chassé vingt rois, passé les Alpes et le Rhin,
Et leur âme chantait dans les clairons d’airain !

Le soir tombait ; la lutte était ardente et noire.
Il avait l’offensive et presque la victoire ;
Il tenait Wellington acculé sur un bois.
Sa lunette à la main, il observait parfois
Le centre du combat, point obscur où tressaille
La mêlée, effroyable et vivante broussaille,
Et parfois l’horizon, sombre comme la mer.
Soudain, joyeux, il dit : Grouchy ! – C’était Blücher.
L’espoir changea de camp, le combat changea d’âme,
La mêlée en hurlant grandit comme une flamme.
La batterie anglaise écrasa nos carrés.
La plaine, où frissonnaient les drapeaux déchirés,
Ne fut plus, dans les cris des mourants qu’on égorge,
Qu’un gouffre flamboyant, rouge comme une forge ;
Gouffre où les régiments comme des pans de murs
Tombaient, où se couchaient comme des épis mûrs
Les hauts tambours-majors aux panaches énormes,
Où l’on entrevoyait des blessures difformes !
Carnage affreux! moment fatal ! L’homme inquiet
Sentit que la bataille entre ses mains pliait.
Derrière un mamelon la garde était massée.
La garde, espoir suprême et suprême pensée !
« Allons ! faites donner la garde ! » cria-t-il.
Et, lanciers, grenadiers aux guêtres de coutil,
Dragons que Rome eût pris pour des légionnaires,
Cuirassiers, canonniers qui traînaient des tonnerres,
Portant le noir colback ou le casque poli,
Tous, ceux de Friedland et ceux de Rivoli,
Comprenant qu’ils allaient mourir dans cette fête,
Saluèrent leur dieu, debout dans la tempête.
Leur bouche, d’un seul cri, dit : vive l’empereur !
Puis, à pas lents, musique en tête, sans fureur,
Tranquille, souriant à la mitraille anglaise,
La garde impériale entra dans la fournaise.
Hélas ! Napoléon, sur sa garde penché,
Regardait, et, sitôt qu’ils avaient débouché
Sous les sombres canons crachant des jets de soufre,
Voyait, l’un après l’autre, en cet horrible gouffre,
Fondre ces régiments de granit et d’acier
Comme fond une cire au souffle d’un brasier.
Ils allaient, l’arme au bras, front haut, graves, stoïques.
Pas un ne recula. Dormez, morts héroïques !
Le reste de l’armée hésitait sur leurs corps
Et regardait mourir la garde. – C’est alors
Qu’élevant tout à coup sa voix désespérée,
La Déroute, géante à la face effarée
Qui, pâle, épouvantant les plus fiers bataillons,
Changeant subitement les drapeaux en haillons,
A de certains moments, spectre fait de fumées,
Se lève grandissante au milieu des armées,
La Déroute apparut au soldat qui s’émeut,
Et, se tordant les bras, cria : Sauve qui peut !
Sauve qui peut ! – affront ! horreur ! – toutes les bouches
Criaient ; à travers champs, fous, éperdus, farouches,
Comme si quelque souffle avait passé sur eux.
Parmi les lourds caissons et les fourgons poudreux,
Roulant dans les fossés, se cachant dans les seigles,
Jetant shakos, manteaux, fusils, jetant les aigles,
Sous les sabres prussiens, ces vétérans, ô deuil !
Tremblaient, hurlaient, pleuraient, couraient ! – En un clin d’œil,
Comme s’envole au vent une paille enflammée,
S’évanouit ce bruit qui fut la grande armée,
Et cette plaine, hélas, où l’on rêve aujourd’hui,
Vit fuir ceux devant qui l’univers avait fui !
Quarante ans sont passés, et ce coin de la terre,
Waterloo, ce plateau funèbre et solitaire,
Ce champ sinistre où Dieu mêla tant de néants,
Tremble encor d’avoir vu la fuite des géants !

Napoléon les vit s’écouler comme un fleuve ;
Hommes, chevaux, tambours, drapeaux ; – et dans l’épreuve
Sentant confusément revenir son remords,
Levant les mains au ciel, il dit: « Mes soldats morts,
Moi vaincu ! mon empire est brisé comme verre.
Est-ce le châtiment cette fois, Dieu sévère ? »
Alors parmi les cris, les rumeurs, le canon,
Il entendit la voix qui lui répondait : Non !

VICTOR HUGO (1802-1885)

Un Grand Homme Nommé Napoléon !

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Ignorance ou sectarisme ?

Il y a belle lurette que les commémorations officielles, en France, nous démontrent que ces deux tares de l’esprit sont parfaitement compatibles.
Aux antipodes d’un Napoléon qui déclarait assumer toute notre histoire, « de Clovis à Robespierre », le comportement de nos « dirigeants » les plus récents donne trop souvent à croire que la France n’existait pas avant 1789, et même qu’en dehors des limites de la République nos tickets de souvenir ne sont plus valables.

À l’intérieur même de ce cadre, ils éludent avec soin tout ce qui leur pose problème.
On se souvient qu’après avoir célébré avec faste le deuxième centenaire de notre grande Révolution – prise de la Bastille, Déclaration des droits de l’homme, nuit du 4 août, fête de la Fédération -, ils se sont faits très vite plus discrets pour finir par passer à l’as la suite qui les gênait – prise des Tuileries, décapitation de Capet, Terreur, Vendée…

En fait, ce grand, ce beau, cet indispensable devoir de mémoire dont on nous rebat les oreilles s’est fait chez nous, ces dernières années, singulièrement sélectif.
Tout se passe de plus en plus comme si l’évocation de notre passé n’avait d’intérêt pour nos princes que pour autant qu’ils croient pouvoir en tirer un bénéfice politique, que si les événements « font sens » dans le sens qu’ils souhaitent leur donner.
C’est ainsi qu’ils exploitent jusqu’à la corde, avec leurs gros sabots et leurs grosses ficelles, la Résistance, la Libération, et les héros qu’ils citent en exemple sans pousser celui-ci jusqu’à l’imitation.
C’est ainsi que s’ils sacrifient à l’obligation de marquer le centenaire de la Première Guerre mondiale, ils mettent le projecteur sur les mutineries et gomment jusqu’au nom du maréchal Pétain.
C’est ainsi que pour flatter des marottes idéologiques et des électorats communautaires, ils donnent à l’esclavage et à la colonisation une importance rétrospective bien supérieure à ce qu’ils furent dans la réalité.

L’impasse est faite, en revanche, sur les épisodes et les hommes qui n’entrent pas dans le cercle étroit de leurs connaissances et de leurs préférences.
Il y a déjà une douzaine d’années que les ploucs qui nous gouvernent toisent du haut de leur petitesse le Français le plus connu et le plus populaire dans le monde entier et snobent délibérément un grand homme nommé Napoléon.

Celui du sacre et de l’Empire, bien entendu, mais aussi bien le concepteur du Code civil, le fondateur des grandes écoles, des lycées, le créateur d’une organisation du territoire qu’ils détricotent réforme après réforme, mais surtout le général, le conquérant, l’imperator, l’homme de Marengo, d’Austerlitz, d’Iéna, de Wagram.

Autant de dates, autant de faits d’armes sanglants mais glorieux dont le nom, avec celui du vainqueur, doit être effacé des mémoires au nom d’une conception « moderne » de l’Histoire.

Qu’attend-on pour débaptiser, à Paris, les boulevards des Maréchaux ?

La France, en revanche – je veux dire le gouvernement français, ce qui n’est pas forcément la même chose -, avait poussé l’inconscience, voire l’indécence, sous Jacques Chirac, jusqu’à associer un navire de la Royale à la célébration par les Britanniques de Trafalgar, la plus belle victoire de leur marine et la pire tragédie pour la nôtre avant Mers el-Kébir.
À l’approche du 18 juin 2015, on pouvait donc tout redouter.
L’indifférence du Président et du Premier ministre actuels à ce qui n’est pour eux que de l’histoire ancienne nous a évité le pire et nos autorités ne se sont mêlées ni de près ni de loin (c’est tant mieux) à la grandiose reconstitution, sous l’égide de la Belgique et sur les lieux mêmes du drame, d’un des pires désastres de nos annales : Waterloo.

Qu’est-ce que Waterloo ?
Sur le terrain, une bataille au bilan exceptionnellement lourd – douze mille morts et trente-cinq mille blessés, soit un quart des effectifs engagés -, une bataille composée comme une tragédie où la fortune oscilla entre les deux camps avant de faire son choix, un choc de titans, marqué du sceau de l’héroïsme, de la furie et de la peur, un affrontement d’autant plus acharné que de part et d’autre on en mesurait plus ou moins clairement l’immense enjeu et les conséquences, suivant le côté où pencherait le sort des armes.

Ce fut la défaite que l’on sait.
L’ultime sursaut et l’anéantissement de ce qui avait été la Grande Armée, émanation de la Grande Nation, bras armé du Grand Empire.
La chute d’un homme et de son rêve prométhéen.
La fin d’une épopée sans équivalent depuis Alexandre le Grand.
Le dénouement de la lutte inexpiable et plus que séculaire entre la Grande-Bretagne et la France pour l’hégémonie européenne, donc mondiale.
La victoire totale de l’Angleterre qui, dix ans après avoir assuré sa domination sur la mer, mettait fin à celle de la France sur le continent, ce dont nous ne prîmes définitivement conscience que cent ans plus tard.
La constitution de la Sainte-Alliance des rois contre les peuples et la naissance du nouvel équilibre européen qui devait prévaloir jusqu’à la Première Guerre mondiale.
Bref, un immense événement qui ramène à leurs véritables dimensions – lilliputiennes – même l’adoption de la loi Macron et le projet de prélèvement à la source dès 2018.

Autres temps, autres ambitions, autre monde.
On comprend mieux que ceux qui parlent aujourd’hui en notre nom se désintéressent complètement d’un passé qui n’est pas de leur niveau.

Hollande, évidemment, Manuel Valls lui-même…
et Napoléon, ce n’est pas la même échelle.

Dominique Jamet

http://www.bvoltaire.fr/  du 18/06/2015

 

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