DEBATS, EDUCATION

Un Grand Homme Nommé Napoléon !

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Ignorance ou sectarisme ?

Il y a belle lurette que les commémorations officielles, en France, nous démontrent que ces deux tares de l’esprit sont parfaitement compatibles.
Aux antipodes d’un Napoléon qui déclarait assumer toute notre histoire, « de Clovis à Robespierre », le comportement de nos « dirigeants » les plus récents donne trop souvent à croire que la France n’existait pas avant 1789, et même qu’en dehors des limites de la République nos tickets de souvenir ne sont plus valables.

À l’intérieur même de ce cadre, ils éludent avec soin tout ce qui leur pose problème.
On se souvient qu’après avoir célébré avec faste le deuxième centenaire de notre grande Révolution – prise de la Bastille, Déclaration des droits de l’homme, nuit du 4 août, fête de la Fédération -, ils se sont faits très vite plus discrets pour finir par passer à l’as la suite qui les gênait – prise des Tuileries, décapitation de Capet, Terreur, Vendée…

En fait, ce grand, ce beau, cet indispensable devoir de mémoire dont on nous rebat les oreilles s’est fait chez nous, ces dernières années, singulièrement sélectif.
Tout se passe de plus en plus comme si l’évocation de notre passé n’avait d’intérêt pour nos princes que pour autant qu’ils croient pouvoir en tirer un bénéfice politique, que si les événements « font sens » dans le sens qu’ils souhaitent leur donner.
C’est ainsi qu’ils exploitent jusqu’à la corde, avec leurs gros sabots et leurs grosses ficelles, la Résistance, la Libération, et les héros qu’ils citent en exemple sans pousser celui-ci jusqu’à l’imitation.
C’est ainsi que s’ils sacrifient à l’obligation de marquer le centenaire de la Première Guerre mondiale, ils mettent le projecteur sur les mutineries et gomment jusqu’au nom du maréchal Pétain.
C’est ainsi que pour flatter des marottes idéologiques et des électorats communautaires, ils donnent à l’esclavage et à la colonisation une importance rétrospective bien supérieure à ce qu’ils furent dans la réalité.

L’impasse est faite, en revanche, sur les épisodes et les hommes qui n’entrent pas dans le cercle étroit de leurs connaissances et de leurs préférences.
Il y a déjà une douzaine d’années que les ploucs qui nous gouvernent toisent du haut de leur petitesse le Français le plus connu et le plus populaire dans le monde entier et snobent délibérément un grand homme nommé Napoléon.

Celui du sacre et de l’Empire, bien entendu, mais aussi bien le concepteur du Code civil, le fondateur des grandes écoles, des lycées, le créateur d’une organisation du territoire qu’ils détricotent réforme après réforme, mais surtout le général, le conquérant, l’imperator, l’homme de Marengo, d’Austerlitz, d’Iéna, de Wagram.

Autant de dates, autant de faits d’armes sanglants mais glorieux dont le nom, avec celui du vainqueur, doit être effacé des mémoires au nom d’une conception « moderne » de l’Histoire.

Qu’attend-on pour débaptiser, à Paris, les boulevards des Maréchaux ?

La France, en revanche – je veux dire le gouvernement français, ce qui n’est pas forcément la même chose -, avait poussé l’inconscience, voire l’indécence, sous Jacques Chirac, jusqu’à associer un navire de la Royale à la célébration par les Britanniques de Trafalgar, la plus belle victoire de leur marine et la pire tragédie pour la nôtre avant Mers el-Kébir.
À l’approche du 18 juin 2015, on pouvait donc tout redouter.
L’indifférence du Président et du Premier ministre actuels à ce qui n’est pour eux que de l’histoire ancienne nous a évité le pire et nos autorités ne se sont mêlées ni de près ni de loin (c’est tant mieux) à la grandiose reconstitution, sous l’égide de la Belgique et sur les lieux mêmes du drame, d’un des pires désastres de nos annales : Waterloo.

Qu’est-ce que Waterloo ?
Sur le terrain, une bataille au bilan exceptionnellement lourd – douze mille morts et trente-cinq mille blessés, soit un quart des effectifs engagés -, une bataille composée comme une tragédie où la fortune oscilla entre les deux camps avant de faire son choix, un choc de titans, marqué du sceau de l’héroïsme, de la furie et de la peur, un affrontement d’autant plus acharné que de part et d’autre on en mesurait plus ou moins clairement l’immense enjeu et les conséquences, suivant le côté où pencherait le sort des armes.

Ce fut la défaite que l’on sait.
L’ultime sursaut et l’anéantissement de ce qui avait été la Grande Armée, émanation de la Grande Nation, bras armé du Grand Empire.
La chute d’un homme et de son rêve prométhéen.
La fin d’une épopée sans équivalent depuis Alexandre le Grand.
Le dénouement de la lutte inexpiable et plus que séculaire entre la Grande-Bretagne et la France pour l’hégémonie européenne, donc mondiale.
La victoire totale de l’Angleterre qui, dix ans après avoir assuré sa domination sur la mer, mettait fin à celle de la France sur le continent, ce dont nous ne prîmes définitivement conscience que cent ans plus tard.
La constitution de la Sainte-Alliance des rois contre les peuples et la naissance du nouvel équilibre européen qui devait prévaloir jusqu’à la Première Guerre mondiale.
Bref, un immense événement qui ramène à leurs véritables dimensions – lilliputiennes – même l’adoption de la loi Macron et le projet de prélèvement à la source dès 2018.

Autres temps, autres ambitions, autre monde.
On comprend mieux que ceux qui parlent aujourd’hui en notre nom se désintéressent complètement d’un passé qui n’est pas de leur niveau.

Hollande, évidemment, Manuel Valls lui-même…
et Napoléon, ce n’est pas la même échelle.

Dominique Jamet

http://www.bvoltaire.fr/  du 18/06/2015

 

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