Archive | 05/07/2015

L’ Europe De La Finance Est Occise !

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«Finis les pillages»

Des milliers de manifestants en Europe expriment leur solidarité avec la Grèce.

Si pour l’instant aucun résultat n’est disponible, les bruits de la rue sont néanmoins audibles, nombre de personnes soutiennent les grecs qui tentent de ne plus être esclaves, un élan magnifique.
Mais cela suffit-il ?
Car cela reste assez subtil…
Il faudrait aller plus loin encore, un soulèvement total pour dire non à l’Europe de la finance qui décide constamment pour nous en favorisant les besoins de cette même finance et des multinationales, plutôt que nos besoins réels.
Cette Europe est un mensonge, une arnaque, une trahison, et nous devrions tous être grecs aujourd’hui.

Pour ceux ayant peur des conséquences, il faut bien se rendre compte que de toute manière, quel que soit le résultat, l’avenir est très mal engagé, les bulles sont très nombreuses et sont vouées à éclater, l’ensemble des pays est tellement endetté que jamais aucune dette ne pourra être remboursée, et aucun politique n’a véritablement de pouvoir décisionnel puisque ce ne sont que des pantins sans véritable courage.
Les choix sont, de toute manière, limités.

Des milliers de gens ont rempli les rues des grandes villes européennes pour manifester leur solidarité avec la Grèce, deux jours avant le référendum sur l’accord proposé par les créanciers sur lequel les grecs doivent se prononcer.

Des activistes du groupe «Global Justice Now» ont organisé une manifestation en solidarité à l’intérieur du British Museum.
«OXI [Non en grec]», «Plus de pillage» et «Soutenons la Grèce», pouvait être lu sur les pancartes des manifestants.

«Nous sommes là pour dire OXI au pillage moderne de la Grèce à travers les mesures d’austérité et la privatisation pour rembourser les crédits à haut risque des banques européennes»,

a indiqué « Jonathan Stevenson », membre de l’ONG britannique «Jubilee Debt Campaign» qui a participé à la manifestation.

Des centaines de manifestants réunis à Glasgow scandaient :

«depuis Glasgow à la Grèce, pas de justice, pas de paix»

et

«la Troïka dit réduction, nous disons réaction».

«La Troïka et les grands médias essaient de faire chanter le peuple grec, ainsi, des actes de solidarité comme aujourd’hui sont très importants pour montrer aux Grecs qu’ils ne sont pas seuls»,

a souligné le militant « Jonathon Shafi » de la « Radical Independance Campaign » (« Campagne radicale pour l’indépendance, RIC »), qui a organisé la manifestation au service d’information CommonSpace.

Des foules ont aussi défilé à travers l’Allemagne.
Les manifestants à Frankfurt brandissaient des pancartes avec les slogans :

«Alle Sagen OXI [Disons tous NON]»

et

«Non à la Troïka»

tandis que des activistes marchaient dans Berlin avec des pancartes :

«Non aux pressions»,
«la solidarité à la place de l’austérité»
et «combattre l’austérité partout».

Des manifestations similaires en soutient à la Grèce se sont tenues en Espagne, au Danemark, aux Pays-Bas, en France et dans d’autres pays de l’Union européenne.

Dimanche, les grecs devront répondre si le gouvernement doit accepter les demandes des créanciers qui proposent un plan de sauvetage de la Grèce en échange de nouvelles règles d’austérité.
(Si le peuple vote «oui»), le gouvernement d’Alexis Tsipras devra très probablement démissionner et le peuple fera face aux strictes mesures d’austérité réclamées par les créanciers.
Cependant, le «Non» pourrait forcer la Grèce à sortir de la zone euro, en posant, par conséquence, la question de la viabilité de l’euro.

La Grèce qui est en crise depuis 2009, aurait dû rembourser 1,6 milliard d’euros au FMI le 30 juin, mais ne l’a pas fait.
Un autre paiement important que la Grèce doit faire est prévu pour le 20 juillet…le pays devra alors rembourser 3,5 milliards d’euros à la Banque centrale européenne.

La plus grande manifestation concernant le référendum a eu lieu vendredi à Athènes où au moins 25 000 personnes ont défilé pour le «Non», et près de 20 000 personnes pour le «Oui», a indiqué la police à AFP.

D’après un sondage d’ »Ipsos »(?), 44% voteraient «oui» contre 43% sont contre.
Une partie importante des électeurs est encore indécise.
(Il semble que les indécis aient plutôt voté « NON » – pelosse)

Benji

http://lesmoutonsenrages.fr/  du 05/07/2015

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Hymne national de la Grèce

Notre respect au peuple Grec qui s’unit pour sa Patrie contre la machine infernale mondialiste de l’Europe de la Finance !

Connaissons La Mutuelle Européenne.

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Quelques leçons d’Europe

J’ignore si « Charles Pasqua » était en mesure de lire les journaux des jours qui ont précédé sa mort, mais si c’est le cas cela a du beaucoup contribuer à égayer ses derniers instants sur cette terre, en voyant « l’idéal européen » qu’il avait tant combattu partir en fumée au fil des réunions du Conseil européen et de l’Eurogroupe, mais aussi des déclarations des uns et des autres.
Peut-être a-t-il même bien rigolé en apprenant que le Conseil européen consacré à la crise migratoire commença ses travaux avec une charmante cérémonie conférant à « Jacques Delors » le titre de « citoyen d’honneur de l’Europe ».
Quelques heures plus tard, « Matteo Renzi » résumait fort à propos les travaux de ce Conseil par la formule :

« si c’est ça votre Europe,
vous pouvez vous la garder »

La crise migratoire que traverse l’Europe a mis en évidence une ligne de fracture qui sépare l’Europe centrale et orientale de l’Europe occidentale.
Une ligne de fracture que le discours « bêtifiant » sur « l’histoire commune »de l’Europe a cherché pendant des années à occulter, et qui nous revient maintenant dans la figure.
Car la vision que chaque nation – et ses élites – sont très marquées par une histoire qui n’est en rien « commune ».

La France, la Grande-Bretagne, l’Italie, l’Espagne, le Portugal, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Belgique portent la marque de leur histoire coloniale. Puissances coloniales naguère, elles portent aujourd’hui le poids de la culpabilité de l’homme blanc.
Ces pays se sentent investis d’une sorte d’obligation morale d’accueil.
Mais si l’on regarde de l’autre côté de l’Europe, on est dans un tout autre monde.
La Pologne, la Tchéquie, la Slovaquie, les Pays Baltes, la Hongrie, la Roumanie, la Bulgarie, la Slovénie ont une histoire d’occupations successives (selon les pays elle a été Russe, Allemande, Ottomane, Autrichienne, Suédoise…) qui les met plutôt du côté des colonisés.
Ce qui, contrairement à ce que pensent les bisounours qui sévissent dans les colonnes de Le Monde, n’implique nullement qu’ils soient plus enclins à la solidarité avec les réfugiés.
On imagine naïvement que les Polonais par exemple, puisqu’ils ont été longtemps occupés, ont subi une terrible occupation et ont eux-mêmes une « diaspora » nombreuse, iront s’identifier avec les Erythréens ou les Syriens.
C’est tout le contraire :
Ayant beaucoup souffert, ils ne voient pas pourquoi ils devraient aujourd’hui partager le gâteau durement acquis.
Et contrairement aux anciennes puissances coloniales, elles n’ont aucune mauvaise conscience à le dire.

« L’idéal européen » qui a servi d’alibi à la construction européenne libérale-libertaire repose sur la fiction que tous les européens partageraient des choses – une histoire, une vision du monde, un « destin » – qui peut servir de ciment à une construction institutionnelle.
Mais chaque crise à laquelle l’Europe est confrontée nous montre combien cet « idéal » n’est qu’une fiction.
Les institutions fondamentales sur lesquelles repose une société organisent toujours des formes de solidarité inconditionnelle entre les individus.
L’exemple le plus évident est celui de la famille, qui regroupe des individus qui ne se choisissent pas et qui pourtant sont tenus par des rapports de solidarité étroite.
A l’autre extrémité, les membres d’une Nation, eux non plus, ne se choisissent pas entre eux, et pourtant soutiennent avec leurs impôts – et quelquefois avec leur sang – des mécanismes de protection et de partage.

C’est cette inconditionnalité qui différencie la famille et la nation d’une association ou d’une compagnie d’assurances.

La solidarité entre les membres ou les assurés est toujours une solidarité conditionnelle.

Si vous ne partagez plus les buts de l’association, vous pouvez être expulsé, si vous avez trop d’accidents, votre assurance peut être résiliée.
L’exclusion de la famille ou de la nation, elles, ne sont possibles que dans des cas extraordinairement graves et strictement limités.

L’Europe, de toute évidence, n’arrive pas à constituer des solidarités inconditionnelles.

L’Union européenne est plus proche de la mutuelle d’assurances que de la famille ou de la nation.

Dès lors qu’un membre commence à coûter trop cher, on augmente ses primes et on envisage son expulsion. Et si un risque – celui de la crise migratoire, par exemple – n’est pas couvert par l’assurance, celui qui en est victime n’a qu’à se débrouiller tout seul.

L’Europe a failli donc comme construction politique.
Il reste toujours, me direz-vous, la construction économique, cette vaste zone de libre-échange, cette monnaie unique censée nous apporter la croissance et la prospérité.
Seulement voilà, contrairement à ce que pensent les libéraux – libertaires ou pas – l’économie et la politique ne peuvent pas être aussi aisément séparées.
L’échec de l’Union européenne à constituer une unité politique a rendu la monnaie unique toxique et l’ouverture des frontières contre-productive.
Une Europe politique forte pourrait par exemple imposer un protectionnisme intelligent aux frontières de l’Union et un mécanisme de transfert interne pour assurer la péréquation entre régions riches et régions pauvres, comme cela existe dans tous les états-nations.
Mais comme cette Europe politique n’existe pas, l’Euro est devenu toxique pour les deux-tiers des économies européennes, et l’ouverture des frontières se traduit pour un chômage massif, la destruction progressive de l’appareil productif, une croissance atone.

J’entends déjà la réponse de certains :

Puisque c’est l’absence d’Europe politique qui conduit à cet état de fait,
il faut donc accélérer l’intégration européenne,
coordonner plus fortement les politiques nationales sous l’égide d’institutions démocratiques supra-nationales,

Seulement voilà :
Cette construction est impossible.

Il ne peut y avoir d’institutions démocratiques supra-nationales, tout simplement parce que la démocratie implique l’existence d’un « demos ».
– On le voit bien, d’ailleurs.
– On peut changer à l’infini le mode d’élection du Parlement européen,
– on peut décider que le président de la Commission sera issu de la majorité parlementaire.
– On peut créer des « référendums d’initiative européenne »
et demain, pourquoi pas, élire le président du Conseil européen au suffrage universel direct.

Tout cela, on ne peut que le constater, se heurte à l’indifférence des « citoyens européens ».

Tout simplement parce que ces « citoyens européens » n’ont de « européen » que le nom.

Ils ne constituent pas un « demos » unique, mais 28 « demos » séparés.
A l’intérieur de chaque nation, ils votent pour élire des gens qui réguleront leur « solidarité inconditionnelle » des uns pour les autres.
En Europe, ils éliront des représentants dont ils n’attendent en fait pas grande chose.

Et sans légitimité démocratique, comment construire une « Europe politique » ?

Comment imaginer un instant que, sans un « demos » européen, il pourrait apparaître une institution suffisamment forte politiquement, pour imposer à l’Allemagne un comportement plus solidaire envers la Grèce, pour imposer à la Pologne d’accueillir les immigrés arrivés sur le sol italien ?
On nous expliquait que « Juncker » serait plus « légitime » que Barroso parce qu’il était issu du parti gagnant des élections au parlement européen.
Quelle rigolade !.
Angela Merkel déclare qu’il n’y aura pas de négociation avant le référendum grec, et « Juncker », qui avait dit le contraire, se voit réduit au silence.
Parce que, « in fine », ce sont les Etats qui négocient, ce sont les Etats qui engagent l’argent de leurs contribuables, ce sont les Etats qui décident de refuser ou d’accepter des conditions.
Et ce sont les Etats qui détiennent la légitimité démocratique.

Parce que la « construction européenne » manque de légitimité démocratique et populaire, elle a choisi de chercher sa légitimité dans le droit.

C’est pourquoi on nous a noyé depuis trente ans sous un discours visant à sacraliser les traités et le droit qui en est issu.
Une génération d’étudiants, de magistrats, de hauts-fonctionnaires ont été formés dans l’idée que les pouvoirs conférés aux institutions européennes par les traités « étaient quasi-divins », qu’ils ne supportaient de contestation.
Ainsi, on en est même arrivé à soutenir – à gauche comme à droite, d’ailleurs – qu’un pays ne pouvait quitter l’Union européenne parce que les traités ne prévoyaient pas un tel départ. Dans les institutions européennes c’est le juge qui légitime, bien plus que le Parlement.
La Cour de Justice de l’Union européenne, qui siège à Luxembourg, est une institution infiniment plus respectée que le Parlement européen, et ses décisions sont décortiquées et citées à tout bout de champ dans les décisions administratives.
Je n’ai jamais vu la moindre référence à une opinion exprimée par le Parlement européen sur un texte législatif…

« Juncker » lui-même, lorsqu’il déclare que « il n’y a pas de décision démocratique contre les traités européens » participe d’une telle sacralisation.

Seulement, lorsqu’on fonde sa légitimité sur un texte sacré, il faut faire attention à ce qu’on fait.

Depuis quelque temps, les « institutions européennes » ont eu la fâcheuse tendance de s’asseoir sur les textes lorsqu’elles y ont intérêt.
Ainsi, la BCE fait une interprétation chaque fois plus extensive de son mandat, et chaque fois plus permissive des limites qui lui sont fixées.
Or, le sacré ne protège qu’aussi longtemps qu’il demeure inviolé.
Une fois qu’on a incendié le temple de Jupiter sans que la foudre divine se soit abattue sur les incendiaires, aucun temple n’est en sécurité.

Lorsque « Matteo Renzi » menace de s’asseoir sur les dispositions des accords de Schengen et de laisser passer les migrants arrivés sur les côtes italiennes vers les autres états européens, lorsque le président de l’eurogroupe expulse le représentant grec et fait siéger l’instance en son absence, lorsqu’on envisage une expulsion de la Grèce de la monnaie unique, expulsion qui n’est prévue par aucun texte, on ne fait que confirmer la suspicion que le roi « juridique » est nu, et que pour paraphraser la formule bien connue de « Charles Pasqua », les traités ne s’imposent qu’à ceux qui y croient.
Dès lors qu’on n’y croit plus, et l’époque semble être plutôt à l’agnosticisme, on peut faire à peu près ce qu’on veut.
Celui qui demain viendrait dire « on ne peut pas faire telle ou telle chose parce que les traités l’interdisent » risque d’être accueilli par un éclat de rire.
(Il n’est pas inutile de rappeler d’ailleurs que les traités ne s’imposent, dans notre ordre juridique, que « sous réserve de réciprocité ».
Même de l’étroit point de vue du droit, nous ne sommes pas tenus par les dispositions d’un traité que nos partenaires n’appliqueraient pas.)

Rien n’a changé depuis Ciceron :

« salus populi
suprema lex esto »

Le salut du peuple est la loi suprême, et parce qu’elle est suprême elle est au dessus de toutes les autres lois, y compris les « lois européennes ».
« Jacques Sapir », dans un excellent article, rappelle la formule d’ »Henri IV » devant le Parlement de Rouen :

« il n’est d’irrémédiable que la perte de l’Etat ».

En temps de crise, ces réalités se sont rappelées à nous, faisant voler en éclats la légitimité purement « juridique » des institutions européennes.

C’est maintenant clair :
Tsipras et Renzi, Merkel et Cameron sont là pour défendre l’intérêt national de leurs pays respectifs, et si cela suppose de violer les traités, tant pis pour ces derniers.
En d’autres termes, et quoi que disent les institutions européennes, l’ordre juridique européen est subordonné aux ordres juridiques nationaux.
N’en déplaise au nouveau « citoyen d’honneur de l’Europe ».

Descartes dans son blog

http://arretsurinfo.ch/  du 05/07/2015

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