Politique, Yahvé

En Israël, Y A-t-Il La Religion D’ Etat ?

mur-lamentations-300x200 (1)

Judaïsme et Sionisme.

En Israël , la « religion » sera-t-elle facteur d’intégration ou de fracture ?

Pour ceux qui suivent l’actualité religieuse d’Israël, avec en référence le modèle de la laïcité française, je voudrais partager trois éléments pour aider à décoder le rapport entre religion et société dans ce pays :

1) Le religieux est consubstantiel au projet sioniste.
Même inconscient, ce lien est ressenti intuitivement chez tous ceux qui émigrent en Israël.
L’immense majorité des Israéliens ne veulent pas de séparation de la Synagogue et de l’État.
70% des israéliens n’ont jamais goûté de porc.
95% circoncisent leurs enfants mâles, etc.
Le pourcentage du nombre de croyants ne fait qu’augmenter, même parmi les immigrants russes.
Rappelons la fameuse lettre de « Scholem » à « Rosenzweig », en 1926, sur le retour inévitable du religieux au travers du retour à la langue hébraïque (חילון השפה).

2) Rajoutons que le retour au religieux, à l’ethnicité et au nationalisme a le vent en poupe dans la région où 350 millions de musulmans ont une poussée d’identité collective.
Et, quand vos voisins immédiats sont « va-t-en-guerre », on peut difficilement se contenter de chanter « imagine » et se définir comme citoyens du monde.

3) La démographie.
Les ultraorthodoxes et leurs alliés sionistes religieux constituent une minorité grandissante.
En 2025, 50% des enfants entrant en CP le feront dans des écoles ultraorthodoxes.
Rajoutez à cela 25% de sionistes religieux et vous verrez l’ensemble de la tendance.
Leur chiffre double tous les quinze ans.
Par ailleurs, 40% des officiers de « Tsahal » sont religieux et ce chiffre ne fait que grandir.
Il est probable que les élites sionistes religieuses, qui préparent le grand soir depuis 40 ans, finiront par prendre le pouvoir.
D’un autre côté, l’éthique de responsabilité dominant l’éthique « of ultimate ends » fait que la démocratie n’est pas en danger et la théocratie n’est pas à l’ordre du jour.

Après deux mille ans d’errance, personne ne veut se retrouver un peuple sans défense et à la merci des bontés des états nations.
La détresse des femmes yazdi, des coptes et des kurdes illustre le statut des minorités sans souveraineté nationale.

4) enfin les notes d’optimisme.
« Le Judaïsme fonctionne en Israël comme religion d’état », il est convenu qu’il ne doit pas intervenir outre mesure dans le vécu personnel.
Les Israéliens ne sont pas, non plus, trop dérangés par cette religion qu’ils considèrent comme nécessaire au niveau symbolique.

Ils ont trouvé des « solutions pragmatiques pour contourner » les coercitions dictées par les accords de coalition gouvernementale.
52% veulent que les cafés, les plages et les transports fonctionnent le « Shabbat » hors des quartiers religieux.
Les homos ne sont nullement inquiétés à l’armée, en entreprise et en politique… tout le monde s’en fout.
On se marie à Chypre pour éviter le dictat religieux.
Les Russes qui ont, « de facto », suivi une « conversion sociologique » se passent de conversion religieuse mais se sentent, plus que jamais, partie prenante du collectif juif israélien.
À l’instar de la politique des nationalités de Staline, ils tiennent absolument à ce qu’Israël reste l’état du peuple juif et le Judaïsme une religion d’état (je sais que c’est compliqué à comprendre pour ceux qui, comme moi, ne parlent pas le russe).

Et chacun y trouve son compte.

Il y a des conflits mineurs, autour du « Shabbat », à Jérusalem, mais ils sont réglés par des solutions négociées de partition géographique.
À défaut de vivre ensemble, on se contente d’une mitoyenneté qui fonctionne assez bien.
On vit dans des espaces séparés et ça permet de gérer assez bien l’aquarium (l’image extrêmement bien choisie est de « Diana Pinto »).

Tant que deux conditions sont respectées, tout continuera à prospérer.

A) Les religieux savent que s’ils tirent trop sur la corde et exigent plus qu’il ne faut, la majorité laïque se liera contre eux et les mettra sur la touche.
On arrêtera de leur payer la quotepart leur revenant comme gardiens des braises du Monde ancien et du terreau identitaire.
On peut, en un tour de loi, arrêter de financer leurs écoles et arrêter les allocations familiales.
Et ça s’est déjà fait quand il y a eu exagération.

B) Tant que l’ennemi extérieur continuera à vouloir l’extermination de la souveraineté juive – ça durera encore pour un bail – la communauté destinale prônera sur le désaccord autour de la répartition du pouvoir en interne.

Mes conclusions

Je crois que nous n’avons aucun risque de guerre civile.
L’intégration économique, professionnelle et politique, à défaut d’intégration sociale et culturelle, est en route.
On est passé de 400 ultraorthodoxes étudiant à l’université en 2005 à 10,000 en 2015, et on espère doubler dans les cinq ans.

Nous risquons la guerre civile avec les arabes israéliens, les missiles du « Hezbollah » mettent en danger plusieurs milliers de personnes, et la menace existentielle majeure incarnée par la Syrie, l’Iraq et l’Égypte n’est plus ce qu’elle était il y a vingt ans.
Quoi qu’il en soit, dans l’entre-soi juif, tous les indicateurs semblent indiquer une intégration et une communauté destinale partagée.

L’immigration venue de France,
qui refuse les clivages entre religion et modernité,
entre séfarades et ashkénazes,
entre identité et religion,
contribue positivement au développement d’un vivre ensemble qui reste à inventer.

Et l’éducation en Israël ?
Le système israélien scolaire public est clivé entre trois systèmes différents qui ne communiquent pas entre eux.
Les réseaux d’écoles privées Yah’ad et Keshet mélangent les enfants des familles religieuses et laïques, dans le respect des uns et des autres.
Ils obtiennent de très bons résultats scolaires et des enfants ouverts, bien équilibrés qui sont préparés au vivre ensemble.
C’est une piste à suivre dans les villes où ces réseaux fonctionnent.

Pour les plus religieux,  « Mahoz HAREDI », le réseau gouvernemental qui est en train se de mettre en place, pourrait être du « sur-mesure » pour les immigrants français religieux qui veulent avoir, aussi, une culture générale sans l’idéologie sioniste religieuse.

Dov Maimon

http://jforum.fr/  du 25/08/2015

A propos de pelosse

Française née de parents Français, sur le sol Français, d'identité Française ! e-mail obsolète. consulter le blog.

Pelosse |
Viedeswagg |
Humouramourmode |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | BrookTV
| Lesdlirentoutgenrebotchok
| Fares43