Politique, TABOU

Le Jeudi Noir Pour L’ Equateur ! ! !

People face policemen during a demonstra...People face policemen

Manifestation à Quito !

En Équateur, lorsque la police montée charge dans la rue !

Revenant d’un semestre en Équateur, je débarque à Paris le 31 décembre.

Un Paris changé, qui pense à ses soucis, et commence l’année 2016 avec des idées noires.
J’ai alors l’impression de venir d’un tout autre monde…
ici, l’on pense immigration, terrorisme…
là-bas, de l’autre côté de l’Atlantique,
l’on pensait viol de la démocratie et dictature.

Et, voyant les policiers dans la rue, assurant la sécurité des citoyens français, le souvenir d’une journée particulière à Quito me revient…
Celle du jeudi 3 décembre 2015, jeudi noir pour l’Équateur…

« Si la démocratie était faible jusqu’à maintenant, aujourd’hui l’Assemblée lui donne le coup fatal »,

déclare d’un air sombre un député présent au milieu des manifestants, face à la rangée de policiers en armes.

Depuis 7 h 00 du matin, quelques milliers de contestataires attendent les députés, résolus à ne pas laisser passer les réformes de la Constitution sans faire entendre leur voix.

Leurs libertés et leurs droits sont en jeu.

Dix-neuf réformes à la Constitution vont être proposées, discutées et votées, cette Constitution qui depuis 2008 était restée inchangée, donnant un espoir de stabilité à un peuple lassé des constantes réformes, des changements et des décisions autoritaires.

Les rues menant au siège de l’Assemblée sont barricadées et solidement gardées par des troupes de policiers casqués, armés.

De 7 h à 16 h, sous un soleil de plomb et tandis qu’un silence lourd règne sur le quartier de Belén, les députés discutent des amendements.
Mais les lois passeront inévitablement, cela ne fait de doute pour personne parmi les manifestants.
Réalistes, mais non résolus, ils sont pourtant bien là :
de toutes les classes sociales, métis ou blancs, députés ou simples ouvriers, ils sont présents pour témoigner de leur mécontentement et de leur détermination à ne laisser violer leurs libertés.

Soudain, un battement sourd se fait entendre, se rapprochant peu à peu.
Un groupe d’indigènes arrive, tambours battants et agitant des crécelles.
Et puis on entend ce slogan, repris par l’ensemble de la foule :

“¡Fuera Correa ! ¡Fuera !”
(« Dehors Correa ! Dehors ! »).

À 16 h, la tension monte.
Les députés sortent, la nouvelle se répand :
17 amendements sur les 19 proposés ont été votés à majorité, cette majorité issue du « 35 », le parti de Rafael Correa.
Seuls huit députés contre cent ont osé s’opposer à ces lois qui, entre autres, soumettent les moyens de communication à l’État et permettent au président d’être réélu indéfiniment.
Les gens applaudissent, acclament les réformes, la victoire est remportée.
À quelques centaines de mètres, cependant, derrière les barrières de policiers, c’est la rancune, la colère d’avoir été trompés et non écoutés, la profonde tristesse de voir la « démocratie » équatorienne s’éteindre.

Voyant les indigènes se soulever, crier et devenir menaçants, la milice se met en position d’attaque :
Arrivent alors 300 policiers à cheval, un renfort visant à assurer la « sécurité » de la ville.
Et voilà que la cavalerie charge :
hommes, femmes ou enfants, indigènes ou métis, les chevaux ne font pas de différence et bousculent, renversent, tout cela dans un bruit de cris et de sifflets abrutissant.
En plein quartier résidentiel de Quito, en cet après-midi tranquillement ensoleillé, une scène de guerre civile a lieu, dans l’ignorance générale du reste de la ville et du monde, semble-t-il.

Mais tout cela, c’était il y a une éternité, un siècle, un mois.

En Équateur, un pays que beaucoup de Français doivent situer en Afrique…

Isabelle Pierrefils

http://www.bvoltaire.fr   du 03/12/2016

Il fallait entretenir la peur des attentats, la soif des achats de fin d’année, insister sur le « padamalgam », etc !
Il a bien été fait une vague mention d’une victoire de Carrea mais nulle allusion à la manifestation.
Il faut se soutenir entre « démocraties » similaires, non ?

A propos de pelosse

Française née de parents Français, sur le sol Français, d'identité Française ! e-mail obsolète. consulter le blog.

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